Le conseil de Luc Nem, reconnu jeudi coupable du meurtre de Marielle Tournay et contre qui 25 ans de prison ont été requis vendredi matin devant la cour d’assises de Namur, a demandé aux jurés de prononcer une peine maximale de 15 ans à l’encontre de Luc Nem. « Une peine de 25 ans serait injuste et sèmerait le désespoir chez mon client. »

Et de préciser : « Le procès de Luc Nem n’est pas celui de toutes les violences intrafamiliales. Une peine lourde pour Luc Nem ne dissuadera pas des hommes alcooliques de taper sur leurs femmes. Et on le sait, la prison est un incubateur de violences. »

Le conseil de l’accusé a rappelé que c’est Luc Nem, alors âgé de 5 ans qui avait trouvé son père de 42 ans foudroyé d’une crise cardiaque. « Sa mère était alcoolique, menaçait de mettre le feu, de se suicider. « Elle a fait de son mieux mais pas à temps plein », déclare mon client à qui on a plusieurs fois dit qu’il n’était pas désiré, qu’il était un accident. Il n’allait parfois pas à l’école pendant un mois sans que sa mère s’en rende compte. Il a ensuite très mal vécu une fécondation in vitro qui l’a fait sombrer dans l’alcoolisme. »

Le conseil de Nam se montre optimiste : « Il ne boit plus depuis 2 ans. Sa violence était liée à son alcoolisme. La probabilité qu’il se retrouve à nouveau dans une situation comparable à celle qu’il vivait avec Marielle Tournay est nulle. Il n’est pas une bombe à retardement. Une prise en charge solide diminuera son risque de récidive qui sera extrêmement limité sinon nul. »

Et de poursuivre : « Aujourd’hui, Luc Nem est seul et il n’est pas doué pour exprimer ses regrets. Les atouts de Luc Nem, eux, ne sont pas définitivement perdus. Il faudra du temps, mais il a déjà entrepris un travail de longue haleine, il suit des rendez-vous toutes les semaines avec un psychologue extérieur qui se rend à la prison. Il a de la motivation même si il a manqué à ses engagements par le passé. Il lui faudra évidemment un temps pour la réflexion. Il ne masque pas ses faiblesses ni sa fragilité. Il a 40 ans et il aura un avenir. Il sait que la sanction comportera une certaine sévérité. »

L’avocat demande à la cour de reconnaître des circonstances atténuantes à l’accusé. Son enfance difficile, ses regrets, le fait qu’il ne nie pas sa responsabilité, le fait qu’il exprime des regrets sincères, sa volonté de poursuivre son travail d’introspection. « Ne jugez pas pour semer le désespoir chez Nem, jugez le pour le ramener parmi nous dans la communauté des hommes. »