La cour d’assises de Namur a poursuivi mercredi le procès de Xavier Van Dam, accusé de séquestration, viol, et assassinat sur Wivinne Marion, le 1er novembre 2018 à Namur.

Jacques L., agriculteur à Boninne, a vu ce jour-là une Renault Laguna bleue passer à toute vitesse alors qu’il était dans son champ vers 8h45. Il explique la scène qui a en tout duré une vingtaine de secondes : "Le conducteur s’est arrêté à l’entrée du bois. J’ai entendu des cris. 'Maman, maman', puis 'Non'. J’étais à 170 mètres de là et j’ai appelé la police. Je ne voyais pas tout mais j’ai été vers eux. La victime était au sol et avait les bras en l’air. Il lui a donné un coup de poing et ses bras sont tombés. Ensuite, il l’a, selon moi, étranglée car il avait les deux bras tendus. Quand il m’a vu, il l’a chargée dans le coffre en la portant sur son épaule, comme un sac de linge sale. Elle était inconsciente car elle se laissait aller, ses bras pendaient, et il a dû agir en deux fois. Il a ensuite redémarré en trombe et est passé devant moi, sans me regarder. J’ai relevé une partie de la plaque." Jacques L. confirme que Van Dam, présent dans le box des accusés, est l’homme qu’il a vu ce jour-là à Boninne.

François Melebeck, 44 ans, le mari de Wivinne Marion, par ailleurs chirurgien orthopédique, a ensuite été interrogé par le président Warnon. "Nous avions fêté Halloween la veille, nous étions rentrés vers 1h du matin. Elle m’a réveillé lorsqu’elle est partie courir, vers 7h45, j’ai trouvé cela tôt pour un jour de congé. Nous nous sommes levés un peu plus tard avec ma fille et avons préparé le petit-déjeuner. Ne la voyant pas revenir, nous nous sommes inquiétés. J’ai tenté de l’appeler puis je suis parti en voiture sillonner Boninne et la région, aux endroits où elle passait quand elle courait."

Le couple s’était rencontré en 1997, aux facultés Notre-Dame de la Paix à Namur. Wivinne Marion et son futur mari suivaient le même cursus de médecine. Ils ont eu deux enfants, nés en 2005 et 2009 et se sont mariés en 2012. Wivinne Marion s’est spécialisée en néo-natalité. Le couple avait fait construire une maison à Boninne en 2016. Outre son métier, Wivinne Marion était passionnée par la couture, elle avait lancé sa propre marque de vêtements, pratiquait le jogging et le fitness, cultivait un potager et aimait la lecture. "Nous étions un couple heureux, avec une bonne communication, elle était une mère très investie pour ses enfants et faisait parfois preuve d’autorité pour les pousser vers l’excellence."

Quand le président lui demande s'il a surmonté cette épreuve, François Melebeck déclare : "Non. Aujourd’hui je suis seul avec mes enfants. Je les vois grandir sans leur mère. Ils continuent toutes leurs activités et ont de très bons résultats à l’école."