La cour d’assises de Namur a poursuivi mardi le procès de Bernard Marchal, né en 1970, accusé du meurtre de son frère, Jean-Luc, né en 1963, commis le 30 octobre 2019 à Bois-de-Villers.

Murielle D. était la compagne de Jean-Luc Marchal. Elle l’a rencontré alors qu’il avait 30 ans et ils sont restés en couple 26 ans. « Nous nous sommes séparés pendant 4 ou 5 ans. C’était quelqu’un qui rendait beaucoup service. Il était bleu de sa fille. » La victime avait travaillé comme ouvrier à la commune de Profondeville et puis dans le secteur forestier. « Il n’était pas méchant, il avait son caractère, un peu têtu, il n’avait pas un mauvais fond. Il aimait la pétanque, les cartes, on allait régulièrement cueillir des champignons. Quand le papa de Jean-Luc est décédé en juillet 2019, l’ambiance a changé, les choses se sont compliquées. Il y avait beaucoup de tensions, notamment pour s’occuper de la maman qui était en chose roulante, mais aussi à cause de la maison, de la vente de certains biens. Depuis que Bernard était avec Christelle, sa compagne, elle avait une mauvaise influence sur lui, il avait beaucoup changé, Jean-Luc voulait protéger Bernard d’elle. J’avais une peur bleue de Christelle. Elle m’a déjà menacé de mort car je voulais déposer plainte contre elle pour des coups qu’elle m’a donné chez moi. On a retiré notre plainte. Il y avait des tensions entre les deux frères et elle s’en est mêlée : l’héritage, la vente d’un tracteur, ce qu’allait devenir la maison familiale. Il fallait prendre des décisions et ils n’étaient pas d’accord. »

A propos du jour des faits, la témoin explique : « Jean-Luc a monté l’escalier. Il n’avait pas menacé Bernard, Bernard ne l’a pas poussé. Cela a pris 2 secondes. Si Jean-Luc avait vu le couteau, il aurait fait demi-tour. Bernard l’a frappé directement. C’est une scène que je ne saurai jamais oublier. Bernard pleurait, il s’en voulait. Depuis lors, j’ai perdu 20 kilos. Ma mère est décédée, j’ai des problèmes au coeur, on vient de m’enlever la thyroïde. Jean-Luc voulait être grand-père, il ne le sera jamais. »

Christelle S., 45 ans, était la compagne de l’accusé au moment des faits. « La famille Marchal était une famille très malsaine par rapport à moi. L’ambiance était malaisante. Je n’ai pas été acceptée, il y avait de la jalousie, on a dit que j’avais volé le papa, que j’avais fait de la pornographie avec lui. On m’a fait des choses inacceptables et très méchantes. Pour moi, Jean-Luc et Murielle n’étaient pas des gens fréquentables. » Questionnée au sujet des faits, elle affirme avoir un trou noir entre la période précédant le meurtre et l’instant où elle prend le couteau des mains de Bernard Marchal, figé à ce stade. Elle nie avoir vu le coup de couteau, alors qu’elle a pris l’objet des mains de l’accusé juste après ceux-ci. Elle ne se souvient pas du sang. « Jean-Luc Marchal était enragé, je ne sais pas pourquoi. Après les faits, nous étions complètement perdus, on ne savait plus comment on s’appelait. J’avais peur pour Bernard. Nous avons mangé et il voulait me redéposer chez moi pour aller se dénoncer à la police. Nous avons été interceptés avant. »

Bernard Marchal est resté 14 mois en prison avant d’être placé sous surveillance électronique. « Quand il est sorti, nous étions encore ensemble. Aujourd’hui, je ne sais pas où on en est. Je fais ses courses. Je ne le laisserai jamais tomber, il a été formidable avec moi. Bernard vit très mal la situation, il ne se le pardonnera jamais. Il ne boit plus depuis, même quand je lui apporte du gâteau, il regarde s’il n’y a pas d’alcool dedans. Pour ma part, ce qui s’est passé ne m’accable pas plus que cela. »