La victime est décédée en moins d'une minute d'une double perforation du ventricule gauche.

Le procès de Michel Petersbourg, accusé d’avoir tué avec préméditation Nathalie Lahaye le 23 novembre 2017 à Walcourt s’est poursuivi mardi matin devant la Cour d’assises de Namur avec l’intervention des experts en toxicologie et en balistique et du légiste.

Petersbourg a avoué avoir consommé 7 Xanax la nuit avant les faits. Selon l’expert toxicologique, cette dose est de nature à susciter un phénomène de sédation, surtout pour des personnes qui n’ont pas l’habitude d’ingérer des produits de ce type, ce qui était le cas de l’accusé. La consommation d’alcool, Petersbourg avait bu de la vodka le jour des faits, est de nature à amplifier le phénomène de somnolence. La prise de médicaments de ce type peut toutefois, chez des personnes n’en ayant pas l’habitude, créer une réaction paradoxale, à savoir un état d’excitation ou d’anxiété.

Le médecin-légiste et l’expert en balistique ont pour leur part révélé que la victime avait été abattue à bout portant, à une distance de 5 à 1O centimètres. L’arme du crime était un pistolet semi-automatique 7,65mm, vraisemblablement de marque Browning. Petersbourg l’avait acheté 2 mois auparavant à un toxicomane de Charleroi, suite à des menaces reçues. Il l’avait acquise pour 50 euros avec 5 munitions, il avait testé l’arme en tirant 2 fois dans les bois et se promenait depuis lors avec celle-ci, chargée, à la ceinture. L’accusé a tiré 3 fois sur la victime. Le premier tir a traversé celle-ci de part en part à hauteur du sein gauche, entraînant une double perforation du ventricule gauche, une perforation du poumon gauche ainsi qu’une hémorragie thoracique. Ce tir a tué Nathalie Lahaye en moins d’une minute. Le deuxième tir a touché la joue droite de la victime est est ressorti à hauteur de sa tempe gauche, alors que l’arme s’est enrayée pour le troisième tir, la balle restant figée dans la joue gauche de Nathalie Lahaye.

Comme il l’avait précisé aux enquêteurs, Petersbourg déclare ne pas se souvenir de la phase de tir, il s’est rendu compte de son acte quand il a vu l’arme, dont la culasse était reculée, dans sa main droite, posée sur ses genoux. L’accusé s’est débarrassé de l’arme juste après les faits en la jetant dans un champs alors qu’il circulait en voiture, elle n’a jamais été retrouvée.

Elément interpellant : suivant le légiste, la mort remonterait à 22h30, la marge d’erreur étant de 1h 30. Selon les conclusions des enquêteurs cependant, Petersbourg aurait quitté les lieux des faits, et aurait activé un pylône GSM de la région vers 17 h 30-18 h.