La cour d’assises de Namur a poursuivi mardi le procès de Lonnie Meunier, un trentenaire originaire de la région de Chiny qui doit répondre du meurtre de Marie-Claire Wauthier, commis à Gembloux le 3 juin 2017.

Mardi après-midi, les témoins de moralité et de personnalité, des proches des deux principaux protagonistes se sont succédé.

Danièle, la voisine de Marie-Claire, a fait part de l’anxiété de cette dernière, par ailleurs décrite comme fort naïve par rapport à sa situation financière. La victime lui a confié qu’elle se rendait à “des rendez-vous galants” en échange de rétribution financière.

Didier était le compagnon de Marie-Claire Wauthier au moment du drame. “Je connaissais ses difficultés et je lui avais proposé plusieurs fois de venir vivre chez moi mais elle voulait conserver son indépendance. Sa mort a été pour moi une très grosse épreuve. Quand je vois ce qui s’est passé, j’ai l’impression que je ne la connaissais pas tout à fait. La société a perdu une très belle personne.”

La fille de la victime a ensuite fait part de son sentiment. “Je l’ai toujours vu travailler très dur. Ses enfants et ses petits-enfants étaient sa priorité. Elle était naïve et n’a jamais eu beaucoup de chance avec les hommes. C’est moi qui ne voulait pas qu’elle abandonne son appartement, pour ne pas se retrouver à nouveau à la rue. Elle nous cachait beaucoup de choses sur sa vie privée. Cette affaire a détruit notre famille. Son petit-fils ne la connaîtra jamais. Mon frère a perdu tous ses repères.”

Le fils de la victime, Jean-François a pris la parole. “C’était la meilleure grand-mère du monde. Quand je suis arrivé sur place je suis entré dans la pièce. Je n’oublierai jamais cette odeur de toute ma vie. Je n’aurais pas dû entrer, j’en fais encore des cauchemars. On ne peut pas brûler une personne, je ne comprendrai jamais. Depuis, j’ai tout perdu. Elle était une belle et bonne personne. J’ai peur pour mon avenir. Elle ne méritait pas cela.”

La compagne de Lonnie Meunier s’est ensuite présentée devant le tribunal. “Il partait parfois en pleine nuit sans que je sache où, ni pourquoi. J’avais peur qu’il me trompe. A son retour, il ne savait pas donner d’explication. Il a juré sur la tête de son fils qu’il était bien parti travailler chez un ami.”

L’accusé a pris la parole en fin d’audience, s’adressant aux parties civiles : “Je regrette ce qui a pu se passer. Jamais je ne m’excuserai suffisamment pour le mal que j’ai fait. Si je pouvais revenir en arrière, je n’irais jamais à ce rendez-vous. Tous les jours je regrette d’avoir mis le feu.