L’accusé chercher encore "comment expliquer l’inexplicable".

Le procès de Michel Petersbourg, accusé d’avoir tué avec préméditation Nathalie Lahaye le 23 novembre 2017 à Walcourt a débuté lundi devant la Cour d’assises de Namur. Après la lecture de l’acte d’accusation par l’avocat général Seminara, l’accusé a été interrogé par la présidente Annick Jackers, avant que les enquêteurs prennent la parole.

Ce que l’on retiendra probablement de cette première journée de procès, outre une demande de report, est sans aucun doute l’attitude de l’accusé, se montrant tour à tour beau-parleur, arrogant, voir agressif, coupant la parole à la présidente ou s’exprimant en même temps que celle-ci. Des échanges tendus qui ont mené à une suspension de séance.

Questionné au sujet de son enfance, Petersbourg confiera qu’il a peu connu sa maman, que ses parents se sont séparés quand il avait 6 ans et que son père était souvent absent pour raisons professionnelles. Il a été en partie élevé par sa plus grande sœur. Petersbourg s’est montré confus durant cette partie de l’interrogatoire, éprouvant beaucoup de difficultés à situer les évènements dans le temps. "J’ai commencé à mener une vie décousue dès l’âge de 16 ans. Mon père m’a dit un jour "Si tu ne travailles pas, tu ne manges pas", et j’ai quitté la maison." Je vivais chez des amis, dans des appartements, à l’hôtel. J’ai toujours vécu de choses illégales, comme le trafic de véhicules. Je vivotais au début puis j’en ai vécu."

C’est à sa sortie de la prison de Jamioulx que l’accusé fait la connaissance de Nathalie Lahaye. "Un ami commun nous a présentés. Elle était en couple mais cela ne se passait pas bien, elle étai avec quelqu’un de violent. Elle devait avoir 18 ans et m’a demandé de l’aide pour prendre son indépendance."

Évoquer le souvenir de Nathalie, qu’il présente comme l’amour de sa vie, le tend. Alors qu’il s’appesantit sur des détails, la présidente le rappelle à l’ordre. "Je ne suis pas là pour vous dire ce que vous avez envie d’entendre", assène-t-il. "Le passé a à voir avec les faits que je veux expliquer aujourd’hui à la famille de la victime, expliquer l’inexplicable."

Petersbourg poursuit : "Je l’ai hébergée et nous sommes tombés amoureux, nous avons vécu à Charleroi, à Jumet et Marcinelle, en l’espace de 4 ans. Je l’ai quittée car elle avait peur des mes engagements dans la délinquance." Suite à quoi Petersbourg a connu la prison, entre 1996 et 2007."

Lorsqu’il sort de prison, il fait un enfant à une fille de 18 ans. "Nous avons gardé des contacts avec Nathalie, elle travaillait juste à côté de la prison. Je lui ai dit de refaire sa vie. Elle a voulu quitter son mari pour que l’on se remette ensemble mais je n’ai pas voulu." C’est en octobre 2017, grâce à Facebook, que des nouveaux contacts ont lieu. "La flamme est revenue de plus belle." Recadré par la présidente, Petersbourg s’emporte : "Si les enquêteurs avaient fait leur travail, vous auriez des réponses à vos questions. Si je n’ai pas droit à la parole, je ne dis plus rien."

Les faits du 23 novembre 2017 sont enfin évoqués : "Je suis désolé, honteux, je ne comprends pas mon acte. Je n’ai pas de souvenir entre le moment où nous sommes sortis du café et celui où je me suis réveillé avec l’arme sur les genoux. Je n’ai pas de souvenir du bruit des coups de feu, il y a un espace-temps que je ne m’explique pas, je sais que c’est moi mais je ne sais pas décrire l’acte. Juste après je n’avais qu’une envie, me foutre en l’air, mais je n’avais plus de balle pour le faire. Comment est-ce possible de s’aimer autant et d’en arriver là ? Je l’aime et je l’aimerai toujours."