La cour d’assises de Namur a poursuivi jeudi le procès d’Erhan Murat, 46 ans, accusé du meurtre de Raphaël Warnant, 34 ans, commis à Vitrival, dans l’entité de Fosses-la-Ville, le 14 septembre 2018.

Me Quentin Mayence, dont c’était la première plaidoirie devant la cour d’assises, est revenu sur la chronologie factuelle du dossier. Me Jean-Philippe Mayence a ensuite plaidé l’acquittement de l’accusé, Erhan Murat. « Je vous demande de ne pas juger mon client par compassion pour la famille de la victime. Des antécédents, Erhan Murat en a mais ils ne sont pas si exceptionnels et les siens lui donnent toujours droit à une mesure de faveur comme un sursis probatoire. Il n’a commis aucun faits postérieurs à ceux qui nous occupent. »

Pour le plaideur, dans ce dossier, « l’agresseur était indubitablement Raphaël Warnant ». « Il a dit à un de ses amis présent dans la voiture de rester dedans car il a des enfants. Quelles pouvaient être ses intentions en se rendant dans le café d’Erhan Murat ? Celui-ci était dans son café et travaillait, après un premier échange, il avait refermé la porte pour mettre fin au conflit et la victime est revenue. Il n’avait pas choisi de vivre cela et il a eu la peur de sa vie, il l’a dit plusieurs fois. Il n’est pas bagarreur et n’était pas belliqueux ce jour-là, contrairement à Warnant, décrit comme incontrôlable lorsqu’il prend de la cocaïne. »

Pour Me Mayence, Murat n’avait pas l’intention de donner la mort, il demande donc aux jurés de retenir comme qualification des coups et blessures volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. « Il n’y a pas de témoin de la scène, on ne connaît pas la manière dont le coup mortel a été donné. Ce doute doit bénéficier à l’accusé, cette intention n’est pas possible à déterminer. Warnant a continué à avancer agressivement vers mon client alors que celui-ci avait un couteau et faisait des gestes de balayage, il tentait de l’attraper. Murat a donné le premier coup au tibia, ce n’est pas une façon de donner la mort. Mon client a toujours déclaré ne pas avoir voulu tuer son opposant et dit ne pas visualiser le coup mortel. Le coup létal a été reçu dans un corps à corps, mon client s’est ensuite dégagé et est parti, sans savoir que la victime était décédée. »

L’avocat d’Erhan Murat plaide la légitime défense. « L’agression envers lui était indiscutable et sa perception de la situation était que celle-ci était grave et mettait en péril son intégrité physique. Il n’a pas eu d’alternative ». Si la légitime défense ne devait pas être retenue, Me Mayence demande aux jurés de retenir la provocation. « Murat a agi à cause de l’attitude de son opposant. Il est indiscutable que sans le comportement agressif de Raphaël Warnant, Murat n’aurait pas agi. »