La cour d’assises de Namur a poursuivi mardi le procès de Lonnie Meunier, un trentenaire originaire de la région de Chiny qui doit répondre du meurtre de Marie-Claire Wauthier, commis à Gembloux le 3 juin 2017.

Les experts légistes ont présenté leurs conclusions mardi matin. Du rapport du légiste François Beauthier, il ressort que Marie-Claire Wauthier était décédée avant que l’incendie ne soit déclenché, mais aussi que des lésions cervicales apparaissent sur la victime : les muscles de celle-ci ont été lésés à la base du cou. Une fracture des cornes de la thyroïde a également été relevée. Ce qui a amené l’expert à conclure qu’une asphyxie mécanique mixte est la cause du décès. Celui-ci a été entraîné par la présence de la petite culotte de la victime dans son larynx, mais aussi par une manœuvre de strangulation, une compression importante réalisée avec les mains ou avec les mains sur le lien que la victime avait autour du cou.

Dans sa version des faits, Lonnie Meunier déclarait que Marie-Claire Wauthier, attachée à un des pieds du lit par un lien fixé à son cou, s’était étranglée en convulsant après un orgasme. Pour l’expert Beauthier, cette version ne tient pas la route : l’essuie en éponge enroulé autour du cou n’aurait pas pu se resserrer au point d’entraîner une telle strangulation. De plus en cas de traction, une seule des cornes de la thyroïde se serait brisée vu que la victime n’était attachée par le cou que d’un côté du lit. Hors, elles l’étaient toutes les deux, les lésions sont bilatérales, ce qui est typique d’une strangulation manuelle dans près de 70 % des cas.

Face aux contradictions avec les déclarations de l’accusé, un collège d’expert a été mandaté dans le cadre de l’instruction. Ceux-ci ont tiré les mêmes conclusions que le légiste Beauthier. De plus, si la scène s’était déroulée comme l’a décrite Meunier, Marie-Claire Wauthier aurait pu pivoter pour basculer sur le côté et réduire la tension qu’exerçait le lien qui était fixé à sa gorge.

Questionné par l’avocat général Goblet, le Dr Beauthier a réaffirmé ce mardi : « Les lésions anatomiques permettent d’affirmer qu’à 60 %, la cause du décès par asphyxie mécanique est liée à la manœuvre de strangulation pratiquée. L’obstruction des voies respiratoires est la seconde raison à 40 %. » Une analyse partagée par les deux autres experts présents devant la cour d’assises, qui ont réaffirmé que la traction sur le lien qui reliait le cou de la victime au pied du lit ne pouvait être la cause du décès et que la fracture des cornes de la thyroïde n’aurait pas pu avoir lieu avec une traction sur l’essuie éponge placé autour du cou de la victime. L’hypothèse de la strangulation est renforcée par la présence d’une ecchymose de 3 centimètres de côté au niveau de la gorge de Marie-Claire Wauthier.

Meunier a-t-il étranglé Wauthier à sa demande dans le cadre de leurs pratiques sexuelles ? Le trentenaire avait jusqu'ici toujours déclaré que la victime s'était étouffée accidentellement.