La cour d’assises de Namur a poursuivi jeudi le procès de Lonnie Meunier, un trentenaire originaire de la région de Chiny qui doit répondre du meurtre de Marie-Claire Wauthier, commis à Gembloux le 3 juin 2017.

Les avocats des parties civiles, les enfants et petits-enfants de Marie-claire Wauthier, ont pris la parole en premier. Pour Me Kennes, l’intention homicide est incontestable dans le chef de l’accusé. «J’ai été frappé et choqué du fait que Lonnie Meunier soutienne qu’il s’agisse d’un accident. Il se pose en victime et affirme que tout cela n’était qu’une expérience malheureuse, rejetant même la faute sur la victime, qui lui aurait demandé de poser de tels actes. » Pour Me Kennes, Meunier a dès le début trompé Marie-Claire Wauthier, il l’a manipulée en lui faisant croire qu’il était un chef d’entreprise pouvant lui fournir un emploi alors que celle-ci était aux abois financièrement. « Il l’a trompée et escroquée, le consentement de la victime était donc vicié et trahi dès le départ. Elle a consenti à ces rapports parce qu’il l’a manipulée. » Et l’avocat d’aller plus loin. «Il l’a volontairement étranglée après lui avoir imposé un bâillon, il a été dépassé par ses pulsions, en recherche de toute puissance. Il a été excité par la mort de sa victime. En sortant de chez elle, il a été, frénétiquement, dans plusieurs banques pour retirer 90 euros puis a tenté de trouver un bar à prostituée à Gembloux en en appelant deux, comme le prouve la téléphonie. Si cela avait été un accident, si il avait été abattu après avoir tué Marie-Claire Wauthier, la première chose qu’il aurait faite aurait-elle été d’aller retirer de l’argent et de chercher à rencontrer des prostituées ? »

Me Lecomte, avocate du fils de Marie-Claire Wauthier, est revenue sur la nature des échanges entre les deux protagonistes. « Dès le début, Marie-Claire Wauthier lui a fait comprendre que les relations étaient tarifées. Elle était à la recherche d’un salaire ou de rémunération et a été claire dès le début. Et Meunier lui disait qu’il la paierait. Au final, il a débarqué à Gembloux sans argent sur lui. Il voulait assouvir ses fantasmes, il n’a pas respecté et a même méprisé Marie-Claire Wauthier. Dans leurs échanges, elle a bien précisé qu’elle voulait que les échanges restent softs, elle ne voulait pas se mettre en danger. Et il a donné les ordres avec violence : les experts ont relevé des écchymoses, des lésions, des traces. » L’avocate a rappelé que, selon les experts, la cause de la mort est bien la strangulation manuelle. « Lors de la scène fatale, il était prévu qu’elle fasse un signe si quelque chose se passait mal. Elle aurait aussi pu basculer sur le côté si elle étouffait, l’accusé aurait pu lui désentraver les voies respiratoires. Il l’a étranglée et elle en est morte. »

Me Gougnard a abordé le profil psychologique de Lonnie Meunier. « L’accusé est un menteur. Les experts relèvent une hostilité hypercontrôlée et un très faible taux d’empathie. Mais aussi des pulsions déviantes, une vie fantasmatique, des fantasmes de pouvoirs. Il est un menteur pathologique, il a menti pour obtenir des rapports sexuels. »