L’avocat général Kerkhofs a requis vendredi une peine de 18 ans de prison à l’égard d’Erhan Murat, né en 1975 et reconnu coupable du meurtre de Raphaël Warnant, né en 1984, commis à Vitrival, dans l’entité de Fosses-la-Ville, le 14 septembre 2018.

L’avocat général reconnaît deux circonstances atténuantes à Murat : le fait qu’il ait été surpris par l’apparition de Raphaël Warnant dans son établissement et « sa réinsertion apparente dans la société ». L’avocat général s’est déclarée inquiète par la personnalité et la dangerosité de l’accusé, qualifié de psychopathe par les experts qui l’ont rencontré. « Son comportement n’est pas adapté aux règles de la société. Je redoute un nouveau passage à l’acte. Si il se retrouvait dans la même situation, je ne suis pas convaincue qu’il pourrait mieux la gérer car il n’apprend pas de ses erreurs, comme en témoigne son casier judiciaire. »

Me Mayence, avocat de Murat, a demandé à la cour de ne pas opter pour une peine en fonction d’une potentielle libération conditionnelle. « Les circonstances atténuantes sont ici très larges. Les faits pour lesquels il sera condamné sont liés à l’acte de quelqu’un d’autre, au caractère agressif du comportement de la victime. Il sera condamné pour sa réaction de quelques secondes à une agression injuste. Il a été surpris et a mal réagi. Il s’agissait d’une réaction instinctive et malheureuse, pas d’un choix. » Le conseil de Murat relève aussi la volonté de réinsertion de son client. « Il fait régulièrement des prises d’urine afin de prouver qu’il ne consomme pas de stupéfiants. Il a une compagne et une activité professionnelle, ils avaient des projets. »

Me Mayence plaide pour son client une peine de 5 ans assortie d’un sursis probatoire pour ce qui excède la détention préventive de 23 mois déjà effectuée. « Celle-ci peut être assortie de conditions comme le fait d’entamer un suivi psychologique, de continuer à exercer son emploi, et de ne pas consommer de stupéfiants. »

Erhan Murat s’est adressé à la cour : « J’aimerais qu’on me laisse cette chance de respecter ces conditions. »

Le jour des faits vers 23h, une altercation est survenue entre les deux hommes devant le café Les Dsiettes, situé chaussée de Charleroi, dont l’accusé était le tenancier. Une dette de stupéfiants de Murat envers un ami de la victime, contestée par l’accusé est la cause de la dispute. Raphaël Warnant aurait tenté de frapper Murat avec un tabouret de bar. Ce dernier aurait alors saisi un couteau de boucher d’une trentaine de centimètres. La victime en a reçu un coup en plein coeur. Interrogé, l’accusé a expliqué avoir eu peur et s’être muni de l’arme pour se protéger. Murat a disparu après les faits, il s’est finalement rendu à la police le 16 septembre vers 18h30.