Depuis mardi 14h, l’ordonnance de prise de corps de la chambre des mises en accusation est exécutée, Didier Beelaert comparaît donc détenu.

Le procès de Didier Beelaert, qui doit répondre du meurtre de sa femme Patricia Wuidart, commis le 25 février 2018 à Andenne, s’est poursuivi ce mercredi avec l’audition du psychiatre et de la psychologue qui ont réalisé une expertise mentale de Beelaert à la demande de la juge d’instruction.

Ceux-ci ont relevé un équilibre psychologique dans la norme, mais aussi le fait que Didier Beelaert ne soit jamais parvenu à lâcher prise par rapport à l’alcoolisme dont souffrait sa femme, ce qui a conduit au fil des mois à une saturation de stress et à un trop-plein d’émotions. Au moment d’étrangler sa femme dans les toilettes, Beelaert évoque un bref trou noir. Pour les experts, il y a eu à ce moment une perte brève de discernement et de contrôle. « Didier Beelaert précise qu’il s’est cependant rapidement rendu compte de ce qu’il faisait, que Patricia Wuidart avait perdu connaissance mais il a continué pour l’achever », précise le psychiatre Bernard Deparis. « Au moment où il la tuait, il avait retrouvé son discernement, il avait une capacité d’action consciente. » Au moment fatal, le discernement de Didier Beelaert était donc bien opérant, il était responsable de l’acte posé. « Un risque de récidive est mince, voir inexistant car les faits étaient très liés à la situation pathologique de son couple à ce moment-là. Preuve en est, le soulagement exprimé et son calme juste après les faits. »

La psychologue Dorothée Van Heugen met en avant dans le chef de Beelaert un trouble de l’adaptation avec anxiété. Selon elle, l’objectif de l’acte de l’accusé était d’apaiser ses souffrances et le poser a entraîné la disparition d’un facteur de stress et une délivrance. La psychologue évoque une absence de préméditation ainsi que l’absence de décompensation psychologique ou coup de folie. « L’accusé n’avait pas prévu ou mentalement préparé de passer à l’acte. En sortant du lit quand sa femme l’appelait, il ne s’est pas levé en se disant qu’il allait la tuer. La cause de son passage à l’acte réside dans un débordement psychologique, dans un trop-plein émotif.Si il n’a pas fait marche-arrière et qu’il a été au bout de son acte, c’était pour soulager sa souffrance. Il était bien responsable à ce moment. »