Le procès d’Erhan Murat, 46 ans, accusé du meurtre de Raphaël Warnant, 34 ans, commis à Vitrival, dans l’entité de Fosses-la-Ville, le 14 septembre 2018 a débuté lundi matin devant la cour d'assises de Namur avec la lecture de l’acte de l’accusation (cfr article de ce 16 mai) par l’avocat général Virginie Kerkhofs. Me Mayence a ensuite pris la parole, demandant aux jurés de relativiser le contexte " imposé" par l’acte d’accusation. "Mon client n’a pas demandé à ce que quelqu’un qu’il ne connaissait pas se précipite sur lui dans son café. Lors de la première altercation, il a d’ailleurs voulu éviter la situation et est rentré, sans rien demander à personne." Le conseil de l’accusé a également relevé certaines imprécisions dans les témoignages de témoins qui avaient bu lorsque les faits se sont déroulés. Le conseil de Murat a précisé que, contrairement à ce qui figure dans l’acte d’accusation, il n’a pas eu de contact avec son client avant que ce dernier soit entendu par la police.

L’avocat général Virginie Kerkhofs a ensuite fait part d’un incident de procédure survenu le 6 mai dernier lors de la préparation de la présentation de l’enquête de police à la cour d’assises. Il est alors apparu que le jour de la mort de Raphaël Warnant, si la zone de police Samson est arrivée en premier sur les lieux, c’est la zone Entre Sambre et Meuse qui a rédigé le procès-verbal initial lié aux faits. Des éléments ne figuraient pas dans ce dernier, comme le fait qu’un périmètre d’exclusion judiciaire n’avait pas été dressé directement par les premiers policiers présents sur place, assis dans le café ou le fait qu’une échevine de la commune de Fosses-la-Ville se trouvait sur les lieux. Un nouveau PV initial a donc été dressé le 11 mai dernier suite à cet incident, il contient les observations des policiers de la zone Samsom, dont les hommes sont arrivés sur place 2 minutes avant leurs collègues de la zone Sambre et Meuse. Si les divergences entre les deux procès-verbaux initiaux concernent des points de détail, l’incident a été qualifié de regrettable par les différents intervenants du procès. Me Mayence, avocat de l’accusé, l’a considéré comme « pathétique et dommage, témoignant d’une rivalité entre zones de police, chacune disant que l'autre a mal travaillé », alors que le président Warnon s’est déclaré « surpris et déçu ».