La cour d’assises de Namur a poursuivi mardi le procès d’Erhan Murat, 46 ans, accusé du meurtre de Raphaël Warnant, 34 ans, commis à Vitrival, dans l’entité de Fosses-la-Ville, le 14 septembre 2018.

En début d’après-midi, le président Warnon s’est étonné d’une "soudaine vague de maladie" au sein des témoins convoqués. " Certains certificats médicaux sont surprenants, pour utiliser un terme mesuré", a-t-il déclaré pour commenter l’absence de témoins importants dans le cadre des débats comme la compagne d’Erhan Murat, travaillait dans le café Les Dsiettes au moment de la scène qui fut fatale à Raphaël Warnant ou une aide-soignante qui lui a donné les premiers soins.

Un client du café Les Dsiettes, dont Erhan Muran était le patron et où il a poignardé mortellement Raphaël Warnant a été entendu par la cour. " Raphaël Warnant est entré violemment dans le café, comme une furie, il a empoigné un tabouret et l’a lancé vers Erhan. Il semblait sous influence. Erhan a donné des coups de couteau pour se défendre face à son agresseur." Me Bernès, avocat des parties civiles a souligné que le témoin ajoutait des éléments par rapport à ses précédentes déclarations, notamment ses observations sur la consommation de drogue. "Il est honteux de dire qu’un témoin ne dit pas la vérité et de laisser entendre que ce serait à cause de contacts avec la famille Murat alors qu’il a juste donné des précisions", a rétorqué Me Mayence, avocat d’Erhan Murat.

David T a ensuite témoigné, précisant d’emblée à la cour qu’il ne s’est pas présenté comme prévu mardi matin, "par peur de contacts avec la famille de l’accusé". "Je connais Erhan Murat car un jour sur le hallage à Rivière, il m’a proposé de la drogue et d’en faire un commerce. Je lui ai acheté 2 ou 3 fois 25 grammes de cannabis. Puis je lui ai donné 2000 euros pour acheter 500 grammes de cannabis. Je ne les ai jamais reçus puis j’ai été incarcéré. En sortant je lui ai réclamé l’argent mais je ne l’ai jamais eu." Le jour des faits, David T, qui circulait en voiture avec Raphaël Warnant s’est arrêté en face des Dsiettes pour saluer une connaissance. "Erhan m’a agressé verbalement en disant que je lui faisais une réputation d’arnaqueur. Il avait sa main dans une sacoche et cela me faisait peur. Raphaël lui a dit de se calmer. Nous nous sommes garés en voiture et Raphaël y est retourné malgré que je le supplie de ne pas y aller car je sentais que cela allait mal tourner."

Questionné par l’avocat général Kerkhofs au sujet de sa crainte de la famille Murat, David T déclare : " Je n’ai pas subi de pressions mais je sais comment cela fonctionne. Je ne suis pas rassuré. Ce jour-là, je savais de quoi Murat était capable, c’est pourquoi je disais à Raphaël de ne pas y aller. Je savais que cela allait mal tourner mais je m’attendais à ce que Erhan sorte un fusil plutôt qu’un couteau. J’avais peur de ses frères, d’avoir des ennuis avec les Murat". Au cour de l’audience, un autre témoin confirmera avoir peur de représailles de la part de la famille de l’accusé. Quand on le questionne sur le fait qu’il a déclaré que le patron avait un couteau il répond : " Cela ne me dit rien", et affirme ne pas avoir vu la scène fatale à la victime.