La cour d’assises de Namur a poursuivi mercredi le procès d’Erhan Murat, 46 ans, accusé du meurtre de Raphaël Warnant, 34 ans, commis à Vitrival, dans l’entité de Fosses-la-Ville, le 14 septembre 2018.

Les rapports du psychiatre Schena et de la psychologue Massin ont été présentés par cette dernière. De l’expertise psychiatrique de l’accusé, il ressort une froideur et une indifférence affective, des aspects antisociaux et impulsifs, un mépris des droits d’autrui et des normes, une faible tolérance à la frustration et une composante psychopathique sévère. Sont également relevés : une absence d’empathie, une morale autonome, un droit personnel exagéré, un défaut d’autocontrôle. L’accusé peut se montrer agité, méfiant, instable, irritable et menaçant, prompt au passage à l’acte agressif et présentant au final une réelle dangerosité de par son impulsivité. Le risque de récidive est considéré comme réel.

Me Mayence, l’avocat d’Erhan Murat a mandaté le psychologue Laurent Devoitille afin de réaliser une contre-expertise de son client. Celui-ci déclare : « Nous n’avons pas rencontré la même personne. Nous avons fait globalement les mêmes tests mais les interprétations sont différentes. Si des traits de caractères sont relevés ce ne sont pas forcément des troubles. Il consomme du cannabis et de la cocaïne, mais cela n’en fait pas un polytoxicomane, il n’était pas forcément dépendant. » L’expert ajoute que la peur intense qu’Erhan Murat déclare avoir ressentie lors des faits est corroborée par la notion d’amnésie psychogène qui apparaît dans ses déclarations, ce que réfute la psychologue Massin. Le contre-expert estime qu’Erhan Murat ne présente pas une personnalité psychopathique, les critères nécessaires n’étant selon lui pas réunis. Le psychologue reconnaît que la personnalité de l’accusé est immature et qu’il a une vision de lui enfantine. « Il regrette sincèrement les faits, qui lui causent une certaine souffrance. »

Dans le cadre de sa comparution devant la Cour d’Assises de la Province de Namur en 2001 pour avoir fourni une arme à une personne qui a abattue un policier lors des fêtes de Wallonie 2000, Erhan Murat avait déjà fait l’objet d’une expertise mentale réalisée par le Docteur Philippe Jocquet, neuropsychiatre, et le psychologue André Allard. Les experts de l’époque concluaient en ces termes : « Erhan Murat présente les caractéristiques d’une personnalité psychopathique sans qu’on ne puisse parler de personnalité antisociale structurée. De par ses traits caractériels, son instinctivité, on peut dire qu’Erhan Murat est potentiellement dangereux ».