Le Socialiste José Damilot se dit déçu de ne pas voir d'actualisation du plan de gestion au regard des chiffres du budget de la ville de Namur

Difficle d'analyser un budget, même quand on est conseiller communal de longue date. Ceux qui s'y sont risqué avancent humblement après la réaction du conseiller commauel qui siège dans l'opposition soclaliste, José Damilot. oici, sans filtre, sa réaction au budget tel que présenté par Maxime Prévot. Les Namurois qui souhaitent suivre les heures de débat à ce sujet et les propos de tous les intervenants peuvent le faire en replay sur la chaîne Youtube de la Ville de Namur: https://www.youtube.com/watch?v=0uCuYpGgZD0

"D'entrée de jeu, je voudrais vous faire part de mon étonnement - c'est un euphémisme - de ne pas avoir découvert "SIMULTANEMENT" le budget 2020 et l'actualisation du plan de gestion. C'était une habitude, même une règle !

Pourtant, déjà la circulaire budgétaire annonçait l'examen des 2 dossiers en même temps.

Et puis, dans la MB2 d'octobre, il y a 2 mois à peine, on écrivait " l'actualisation du plan de gestion, concomitament au budget 2020 permettra de redéfinir les paramètres et les mesures....

Ce n'est pas le cas, je trouve cela profondement regrettable et ce n'est pas le fait que le CRAC ait accepté votre demande de report qui modifiera mon jugement.

Pire, au lieu de ce plan de gestion, on a maintenu des projections quinquennales élaborées, écrivez-vous, sur base des taux et mesures établis dans le plan 2014 - 2020.

Je n'en vois vraiment pas l'intérêt si ce n'est la volonté d'ajouter de la confusion à la confusion.

Pour tout vous dire, je trouve que cela biaise la lecture du budget 2020, un budget à nouveau de transition.

Autant je pouvais le comprendre pour 2019, autant c'est incompréhensible pour 2020.

Je dis bien un budget de transition car je n'y ai trouvé ou alors à doses homéopathiques, ni la traduction de la Déclaration de politique communale, déjà vieille d'un an, ni celle du Plan stratégique transversal arrêté en septembre.

J'ai parcouru les 150 pages du détail budgétaire, des pages entières de statu quo, de copier-coller, la toute grosse majorité des montants repris sont identiques à ceux de la MB2 2019.

Je dirai un mot des quelques exceptions, un peu plus tard.

Très sincèrement, je m'interroge sur les véritables causes du report du plan de gestion.

Je vous dirai dans mes conclusions que je ne crois pas à un simple retard mais bien à l'attente voire l'espoir de nouvelles informations.

Sans l'actualisation du plan de gestion, je n'attendais donc rien de ce budget et...... je n'ai pas été déçu.

Je me suis alors demandé si ce budget nécessitait une intervention et finalement, je m'y suis résolu en tentant d'apporter un éclairage inhabituel sur l'exercice.

Une fois n'est pas coutume, je voudrais commencer par les dépenses de personnel.

Elles s'élèvent à 80 millions, elles représentent 41 % du budget, c'est le pourcentage moyen des communes wallonnes.

Je considère que ce montant et ce pourcentage ne sont en rien excessifs, bien au contraire, s'agissant d'une administration publique majoritairement axée sur les services rendus à la population.

Aussi, ce qui a retenu mon attention cette fois, avant les chiffres eux-mêmes, c'est la relecture de la DPC qui consacrait un paragraphe au personnel de la Ville.

Je vais en lire 2 petits extraits .

Je cite "Nous sommes bien conscients que depuis 12 ans, nous avons imposé des efforts au personnel "

Plus loin " nous proposons que, durant la législature, outre la mise en place d'un second pilier de pension, il y ait une décision concertée de revalorisation de son pouvoir d'achat en signe de gratitude à l'égard du travail fourni à la clientèle."

Un petit aparté, si vous le permettez!

J'ai été responsable syndical pendant 20 ans dans une entreprise qui comptait plus de 40.000 agents et je n'ai pas le souvenir d'avoir eu la chance de lire un tel texte sous la plume des 11 ministres et des 3 patrons que j'ai croisés.

Les agents de la Ville de Namur ne savent pas la chance qu'ils ont d'avoir des dirigeants reconnaissants.

Plus sérieusement , je n'arrive pas à me départir de l'idée que ces 2 phrases de la DPC mises bout à bout ressemblent à s'y méprendre à un acte de contrition.

Sauf que pour obtenir le pardon, il ne suffit plus d'aller dans un confessionnal, il faut des actes.

Que le plan stratégique n'ait pas abordé cet aspect de la politique du personnel mais traite du bien-être, de la communication, de la formation, je peux l'entendre.

Mais que le budget 2020 et les projections quinquennales qu'on a maintenu malgré l'absence du plan de gestion ne laissent rien apparaître, j'ai peine à le comprendre tant la DPC était sans ambiguïté et annonçait des jours meilleurs.

Je dois ajouter que dans les projections, si tant est qu'elles ont un sens, les taux de majoration de dépenses du personnel d'un exercice à l'autre n'ont pas changé.

Au niveau des effectifs, si je fais référence strictement aux mouvements prévus en 2020, on nous annonce 5 embauches et 28 départs, soit un solde négatif de 23 unités.

Cela signifie que les annonces d'ETP supplémentaires figurant dans le PST ne sont pas ou pas encore prises en compte.

En réalité, on a l'impression que ce solde de - 23 pour 2020 n'est rien d'autre que l'exécution de la mesure de non remplacement de 25 agents par an, mesure figurant dans le plan 2014- 2020 et chiffrée en euros dans les projections quinquennales.

Vous avouerez que tant en termes d'emploi que de pouvoir d'achat, votre gratitude a des accents singuliers.

Vous parliez de 12 ans d'efforts, nous sommes déjà à 14, cela au moins, c'est une certitude.

Et puis, il y a l'annonce d'un 2eme pilier de pension également sous cette législature.

D'abord une remarque, pas une critique, je trouve que pour un lecteur profane comme moi en matière budgétaire, ce n'est pas simple de comprendre la problématique des pensions des agents communaux.

Je dois d'ailleurs reconnaître que, sans l'éclairage qui m'a été donné par un responsable du service des Finances, j'aurais été bien en peine d'avoir un avis sur la question.

Je ne vais pas entrer dans le détail mais, surtout pour mes collègues conseillers, je vais tenter de résumer la situation.

J'ai parlé des 80 millions de dépenses de personnel.

Et bien, il faut savoir que dans ces 80 millions, il y a le coût des pensions des ex-agents statutaires de la Ville et des ex-mandataires pour environ 11 millions.

Comme nous sommes dans un régime dit de répartition, cette charge de pensions est censée être supportée par les cotisations des agents statutaires en activité, cotisations personnelles et patronales.

A Namur, ces cotisations sont versées dans un fonds qu'on appelle Fonds Ethias.

Le Fonds Ethias de la Ville de Namur pèse 28 millions, 22,5 millions pour les agents, 5,5 millions pour les mandataires.

Si annuellement, les cotisations ne suffisent pas, la Ville doit payer la moitié de la différence appelée cotisation de responsabilisation.

Je ne vais pas aller plus loin parce que manifestement ce sujet important n'est pas d'actualité aujourd'hui si ce n'est pour dire que la charge des pensions constitue un défi important pour les finances des communes dans les années à venir.

A Namur, on peut se réjouir de la clairvoyance de ceux qui ont créé ce Fonds et de ceux qui, depuis, continuent à l'alimenter.

Par contre, on devrait s'inquiéter du ratio nombre d'agents statutaires en activité par rapport au nombre de pensionnés statutaires, un ratio qui se détériore sensiblement.

J'imagine que cet élément explique votre volonté d'instaurer un 2eme pilier de pension.

Aussi, je voudrais vous demander de consacrer dans les mois à venir un débat sur cette question, débat au cours duquel je vous expliquerai pourquoi je ne suis pas fan de ce système et pourquoi j'ai trouvé incongru de voir cette référence au 2eme pilier dans le paragraphe sur la gratitude de la Ville vis-à-vis de ses agents.

J'espère que vous accéderez à ma demande au moment où vous aurez une idée précise du contenu que vous comptez lui donner.

Aujourd'hui, ni le budget, ni les projections quinquennales n'amorcent ce débat. Je l'ai sans doute anticipé.

Si pour le personnel, c'est la rigueur, ce n'est pas le cas des dépenses de fonctionnement où meme les dépenses nettes augmentent de 20 % en 3 ans, bien au-delà de la balise. Enfin, quand je dis balise, je dois bien constater que celles du CRAC n'arrêtent rien !

Il y a quand même un secteur où j'ai senti la rupture, je précise tout de suite une rupture très ponctuelle, limitée à 2020, c'est dans les prévisions de recettes fiscales.

Je ne sais d'ailleurs pas si on peut parler de rupture ou de lucidité enfin retrouvée.

Vous m'accorderez que, sous l'ancienne législature, j'ai souvent mis en exergue la faiblesse de nos recettes fiscales, Ipp et PrI.

Cette fois, les prévisions PrI pour 2020 diminuent de 1 million par rapport à celles figurant dans la MB2 2019. Pour moi, ce n'est pas une surprise, l'indexation du revenu cadastral a toujours été inférieure aux taux de majorité projetés par la Ville. Vous, vous parlez de ralentissement de l'inflation, c'est pareil.

Mais votre lucidité ne vous a pas amené à corriger le taux de majoration de 3,5% escompté pour les prochaines années.

Quant aux prévisions de recettes Ipp, je voudrais faire un rappel pour les nouveaux conseillers.

Dans le dernier plan de gestion de 2014, la Ville avait décidé d'abandonner sa prévision de majoration de rentrées financières de 4,5 % /an pour la ramener à 3,5 % et ce, écriviez-vous, au regard des chiffres réellement enregistrés.

J'ajoute que, curieusement, cette décision avait été prise en même temps que la Ville n'augmente le taux d'impôt sur les personnes physiques de 8 à 8,5 %.

Mais soit !

Depuis cette décision, en décembre 2014, j'observe que cette recette a augmenté de 11 % en 4 ans, soit 2,7% par an.

Si je résume, , on avait une projection à 4,5 %, on l'a ramené à 3,5 % et dans les faits, on a 2,7 %.

Ici, aussi, Je ne suis pas surpris.

Je le suis encore moins depuis que la Province nous a communiqué les données socio démographiques et économiques de la Ville qui sont inférieures à la moyenne de la Wallonie dans le domaine des revenus et, hélas, supérieures dans le domaine du chômage.

Aussi, j'espère que lorsque la Ville viendra avec son nouveau plan de gestion et les projections quinquennales qui en découleront, elle retiendra des taux de majoration de ses rentrées fiscales beaucoup plus vraisemblables pour ne pas connaître de nouvelles mauvaises surprises.

Et puis, il y a le tax shift.

Les informations que la Ville a reçues faisant état d'un effet structurel de 4 millions en 2020 expliquent pour une part nos difficultés .

Un homme politique important disait dans la presse que le tax shift était une fumisterie, qu'il n'y a pas d'effet retour.

Pour une fois, je partage son avis. J'aurais même ajouté que le tax shift explique très largement l'ardoise de 11 milliards que le gouvernement fédéral sortant va laisser à ses successeurs, ce qui ne laisse pas présager une grande générosité, ni pour les citoyens, ni pour les communes.

Pour ce qui concerne la dette, je constate que la charge d'emprunt part propre est en augmentation mais je ne doute pas que nous connaîtrons une nouvelle opération d'allongement de la durée de remboursement des emprunts, une politique réprouvée par des instances bien plus qualifiées que moi.

Une seule question aujourd'hui : à quelle date ,cesserons-nous d'être sous plan de gestion ?

Enfin, lorsque j'ai évoqué le copier coller du budget 2020 par rapport à la modification budgétaire 2, j'ai aussi évoqué quelques exceptions.

Ces exceptions, en fait, ce sont les hausses de taxes et redevances arrêtées en octobre.

A la grosse louche, j'en ai comptabilisé pour 500.000 euros.

Ajoutés aux 668.000 euros de la taxe propreté, ces taxes représentent presque un demi point d'impôt sur les personnes physiques.

En résumé, on doit patienter pour découvrir le coût des mesures annoncées dans la Déclaration de politique communale et le Plan stratégique transversal par contre quand il s'agit d'activer le tiroir caisse des redevances, on agit toutes affaires cessantes.

Voilà les quelques réflexions et questions que les documents reçus m'inspirent.

Un décès familial fin de semaine dernière ne m'a pas donné le temps d'analyser plus avant le budget 2020.

Mais ce n'est pas un drame .Normalement, un budget parle de l'avenir, j'y ai plutôt trouvé du passé.

Peut-être qu'en mars... On peut toujours rêver.

Cela dit, et c'est ma conclusion, j'ai vraiment le sentiment, la conviction que le report du plan de gestion est lié à l'espoir de trouver sous le sapin des étrennes qui embelliraient les perspectives budgétaires.

Je vous le souhaite, je nous le souhaite mais si c'est le cas, je trouve les prétextes évoqués aujourd'hui, pas très glorieux."