Namur La première présidente du PS namurois est reconnue pour son travail dans l’ombre.

Qui est Edwine Bodart, qui a entamé son mandat de présidente du PS à Namur après avoir remporté le titre à 51,9 % des voix au premier tour ? Elle a un profil particulier : la Namuroise est non seulement jeune (33 ans), une femme et ne s’est jamais présentée sur aucune liste.

Membre du PS et des jeunes PS depuis une dizaine d’années, Edwine Bodart s’est fait les dents en travaillant au côté d’Eliane Tillieux tant lorsqu’elle était ministre wallonne que lorsqu’elle est redevenue parlementaire. Mais c’est lors de la campagne électorale pour les communales de 2018 qu’elle a montré toute son envergure.

Cette diplômée de sciences sociales issue d’une famille d’enseignants est une jusqu’au-boutiste qui aime se fixer des challenges. Elle a ainsi pratiqué le basket depuis l’âge de 4 ans et est passée par Saint-Servais, Jambes, Natoye, Belgrade avant de jouer en division II nationale jusqu’à ce qu’elle se jette avec la même passion dans le monde du travail.

Le grand public ne la connaît pas, mais au PS, on reconnaît la qualité de son travail dans l’ombre. Et surtout son sens de l’équipe, et c’est sans doute la raison pour laquelle les militants l’ont préférée au détriment d’hommes plus âgés qui occupaient ce siège auparavant.

"Je suis vraiment fière d’être la première femme élue à ce poste ici à Namur, et ce, malgré mon jeune âge. Cela montre que le PS est un parti progressiste et c’est une belle preuve d’une volonté de renouveau", dit celle qui se reconnaît parfaitement dans la ligne actuelle du Parti socialiste. "Je suis ravie de constater que figure dans le programme la parité. C’est quelque chose qui me tient particulièrement à cœur."

Un renouveau qui correspond à celui qui se marque à d’autres postes clés au PS : pour la fédération luxembourgeoise, c’est Mélissa Hanus, la plus jeune députée à la Chambre, qui a été élue à la présidence, mais elle était la seule candidate.

Et puis surtout, Paul Magnette qui a succédé à Elio Di Rupo à la tête. "Il est plus facile pour les jeunes militants de s’identifier à Paul Magnette. Et je pense qu’il a envie de changer certaines des pratiques. Actuellement, quand on devient membre du PS, on reçoit un carnet avec les timbres des cotisations à coller. Cela ne correspond pas forcément à l’image d’un parti jeune même si on peut garder cette tradition pour d’autres."

À Namur, Edwine Bodart s’est donné un rôle à l’intérieur du parti - faire progresser le nombre d’affiliés et intéresser les jeunes à la politique -, mais aussi une mission à l’extérieur. "Je souhaite nouer un dialogue avec d’autres partenaires politiques dans l’objectif de former éventuellement une majorité dans 5 ans. La donne a changé. Le PS n’est plus le seul dans l’opposition."

Magali Veronesi