Un jeune Carolo avait foncé dans la foule avant d’être blessé par un jet de pavé.

Une bagarre générale entre plusieurs Namurois et Carolos a eu lieu dans la nuit du 12 au 13 avril 2014, à l'Infinity Hall de Naninne. Dix personnes, cinq dans chaque camp, en étaient venues aux moins. Voire plus. Ce lundi matin, six ans après les faits, ils ont tous été acquittés.

Ce soir-là, cinq jeunes Carolos avaient réservé l’espace VIP de la boîte. La consommation de plusieurs bouteilles de vodka les a alors aidés à se montrer entreprenants avec des jeunes filles présentes, ce qui a fait dégénérer la situation. Des coups sont échangés. Un barman a notamment pris un coup de bouteille derrière la tête. La scène s'est poursuivie à l’extérieur de la discothèque. L’un des Carolos est monté dans sa BMW série 4. Il essayait, selon ses dires, de prendre la fuite lorsque le barman qui avait été frappé à l’arrière du crâne aurait lancé un pavé à travers la vitre, côté conducteur, pavé qui l’aurait atteint en plein visage et aurait entraîné une incapacité de plus de 4 mois et l’aurait en partie dévisagé. "Je tentais de partir, mais j’avais du sang plein les yeux, je ne voyais plus rien, l’un d’entre eux sautait sur mon capot et j’ai fini au fossé", confie-t-il. Un autre protagoniste privilégiait une autre version : le jeune fuyard serait monté à bord de son puissant véhicule et, après avoir percuté le barman, aurait effectué plusieurs passages sur le parking de la boîte afin de tenter de renverser les clients et membres du personnel qui s’étaient lancés à sa poursuite. Il aurait même pris la N4, tout proche, à contresens, avant de tomber dans le fossé séparant la nationale du parking de la discothèque.

Lors de l'audience du 17 février dernier, le parquet de Namur avait admis que "les choses n’étaient pas claires à l’époque et ne l'étaient pas plus aujourd’hui".Et de requérir, au vu du dépassement du délai raisonnable, de simples déclarations de culpabilité.

Finalement, le tribunal correctionnel de Namur a acquitté tout le monde ce lundi matin. Il a notamment tenu compte du contexte flou et alcoolisé des faits qui n'ont par ailleurs pas été filmés par des caméras de surveillance. L'impossibilité d'entendre des témoins sous serment six ans après les faits ainsi que l'absence d'ADN et d'empreinte digitale sur le pavé et sur une arme retrouvée a aussi motivé sa décision.