Selon les constatations, la mort par étranglement serait survenue en moins de 2 minutes

Le procès de Didier Beelaert, qui doit répondre du meurtre de sa femme Patricia Wuidart, commis le 25 février 2018 à Andenne, s’est poursuivi ce mardi. Le tribunal a notamment entendu le docteur Beauthier, médecin légiste de l’institut médico-légal Hainaut-Namur, tout comme un psychiatre et un psychologue qui ont été en contact avec Beelaert

L’autopsie pratiquée révèle notamment que Patricia Wuidart est décédée de la corne thyroïdienne supérieure droite. Une rupture partielle de la corne thyroïdienne supérieure gauche a aussi été relevée. Une prise cervicale est la cause de ces blessures mortelles. Plusieurs consultations médicales réalisées par Patricia Wuidart permettent d’attester du problème d’alcoolisme majeur de celle-ci, comme en 2009, lorsque, lors d’une consultation gynécologique, elle présentait un éthylisme sévère. Une perforation d’un ulcère duodénal, une suspicion de crise d’épilepsie causée par un sevrage ou plusieurs intoxications éthyliques majeures (plus de 4 grammes par litre de sang), sont mises en avant.

Le jour de son décès, Patricia présentait un taux de 4,19 grammes d’alcool par litre de sang, ce qui correspond à la consommation de 2 bouteilles de vin et à un état de stupeur précomateux, celui de Beelaert était de 1,10 grammes, un état d’ébriété. Selon les constatations, la mort par étranglement serait survenue en moins de 2 minutes, vu la santé de la victime et son état d’imprégnation alcoolique, certains réflexes autonomes fonctionnant au ralenti. Pour le légiste, la pression exercée par Beelaert ne lui laissait aucune chance de survie.

Un psychiatre du CHU de Namur a également été entendu. Il a expliqué ceci : alors que Patricia Wuidart était hospitalisée aux urgences pour une intoxication éthylique, Beelaert avait demandé à ce qu’elle puisse rester à l’hôpital. « Il semblait perdu et anxieux ». Le psychiatre a détaillé les conditions qui pouvaient mener à une hospitalisation sous contrainte et, selon lui, Wuidart n’était pas dans ce cas, « ne représentant un danger ni pour elle ni pour autrui ». Wuidart ne voulant pas être prise en charge, elle a signé une décharge pour quitter l’hôpital.

Un psychologue du centre médical Saint-Luc a aussi été entendu. Il explique avoir reçu Beelaert et sa sœur. Ceux-ci voulaient faire suivre Patricia Wuidart. Le psychologue leur a dit que cette solution était envisageable sur base volontaire. Un rendez-vous a été pris mais a été annulé par la suite. « Beelaert était en détresse et avait besoin d’aide. »