Namur

Quatre fonctionnaires de la ville sont aux côtés de l'ancien bourgmestre de Namur sur le banc.

Ce mercredi a débuté le véritable procès de ces cinq personnes, accusés d’avoir favorisé un bureau d’études proche d’une amie du bourgmestre Anselme en, notamment modifiant le cahier des charges pour la construction du futur commissariat du Plateau d’Hastedon à Saint-Servais. Bernard Anselme est aussi accusé d’avoir faxé à son amie, Rita Maillard, les propositions des autres soumissionnaires afin qu’elle puisse proposer une meilleure offre.

Détail cocasse : l’ancien bourgmestre jure ses grands dieux qu’il ne sait pas se servir d’un fax : "Demandez à mes secrétaires !", supplie-t-il. Et il continue en expliquant qu’à l’époque, tout le monde avait accès à son bureau et que n’importe qui aurait pu faxer un document en son nom.

Le Président Hauquier lui réplique qu’en retour, Mme Maillard lui avait envoyé un fax avec mention "A Bernard Anselme - Personnel et Confidentiel" concernant l’adjudication !

Le prévenu reconnait avoir reçu un fax mais, selon ses dires, il n’en n’a pas tenu compte. Il est aussi question de faux par Officier Public et usage de faux dans un décompte final sur le chantier du Hall Octave Henry. Il y avait un dépassement de 200.000 € à cause de travaux supplémentaires demandés par le club de Basket.

Bernard Anselme conteste tout. Il n’a jamais pensé que son amitié pour Mme Maillard pouvait lui nuire. Les documents concernant les marchés publics étaient visés par le Secrétaire Communal et par une commission.

Les autres prévenus, eux aussi, se défendent bec et ongles, parfois avec tant d’énergie et de hargne que le Président Hauquier doit ramener l’église au milieu du village. Beaucoup s’accordent à dire que ces deux chantiers n’ont pas été bien suivis.

L’Avocat Général a rappelé que le délai de prescription n’était pas encore acquis. Il présentera son réquisitoire le 2 novembre. En aparté, Bernard Anselme nous a confié avoir beaucoup souffert de cette instruction, trop souvent à charge : "Je me bats pour mon honneur !".