Namur Plusieurs caméras corporelles sont en train d'être testées en ce moment-même, mais comment et dans quel but?

Au sein du conseil communal, l'arrivée des bodycams au sein de la police de Namur suscite des réactions partagées. L'opposition de gauche, PS comme PTB émet des réserves, voire un franc refus à chaque fois qu'il faut voter un budget ou un règlement pour leur mise en application. Il n'empêche que la zone de police Namur Capitale a obtenu l’autorisation du Conseil communal, en sa séance du 20 décembre 2018, de faire usage de caméras mobiles portées de manière visible.

La méfiance reste de mise auprès d'une partie de la population qui craint des entraves aux libertés individuelles. D'autant que, si les bodycams sont utilisées à Bruxelles, aucune ville wallonne ne les a encore pratiquées et ne peut témoigner de leur bénéfice. Aujourd'hui qu'elles sont en phase test auprès de 8 policiers qui ont été spécialement formée, les questions sont de plus en plus prégnantes au sein des Namurois. Tant la police que la ville de Namur tentent de les rassurer.

Quelles sont les balises légales de ce genre de matériel?

"L’utilisation de ce type d’équipement fait l’objet d’une législation spécifique applicable à l’ensemble des services de police. Cette législation fédérale encadre strictement les modalités d’utilisation des caméras ainsi que les possibilités de consultation et d’utilisation des enregistrements par les services de police et les autorités judiciaires", répond le collège

A quoi ces bodycams serviront-elles alors que la ville se dote d'un nouveau parc de caméras fixes?

"Par l’introduction de ce nouvel équipement, la zone de police souhaite atteindre les objectifs suivants : enregistrer les conditions de déroulement d’une intervention ; améliorer les comptes-rendus de ses interventions aux autorités de police administrative et judiciaire ; éviter l’escalade dans les relations entre les policiers et leurs interlocuteurs, en informant ces derniers de l’enregistrement de leurs faits, gestes, propos,… ; accroître la sécurité des fonctionnaires de police ; réduire le nombre de faits de violence, ainsi que le nombre de plaintes non fondées à l’encontre de la police ; augmenter la qualité et étayer les constatations d’infractions, images à l’appui ; renforcer le professionnalisme des interventions policières", répondent en choeur la police et la ville.

Comment sont-elles utilisées?

"La loi sur la fonction de police réglemente les possibilités d’utilisation visible des caméras mobiles par les services de police dans le cadre de leurs missions (en fonction de la nature des lieux et des missions). La police est autorisée à faire usage de ces caméras mobiles sans solliciter l’autorisation préalable des personnes filmées. L’utilisation de ces caméras mobiles doit être précédée d’un avertissement oral et le policier qui fait usage de cette caméra doit être identifiable comme un membre opérationnel des services de police (par l’uniforme ou, s’il est en civil, à l’aide de sa carte de légitimation). Toutefois, l’enregistrement n’est pas systématique", précise la ville dans Namur magazine

La zone de police fera un débriefing et un bilan de la phase test à la rentrée. Pas forcément pour renoncer à l'utilisation des bodycams, mais pour voir s'il faut opérer des modifications au dispositif ou améliorer son utilisation, voire dresser une série de conseils à l'attention des policiers qui seront amenés à les porter à l'avenir.