Namur Développer l’agriculture urbaine, c’est l’objectif de l’échevine de la Transition qui va créer un conseil agroalimentaire

Le territoire de la ville de Namur est constitué à 35 % de zones agricoles. Voilà pourquoi la ville de Namur se doit d’instaurer une politique agroalimentaire. Il s’agit d’aider les consommateurs, les producteurs, les transformateurs, à choisir une consommation durable.

"C’est clairement inscrit dans la déclaration de politique générale et traduit tout récemment dans le plan stratégique transversal", rappelle l’échevine de la Transition qui lance une politique innovante en Wallonie. Elle nous en parle en exclusivité.

Par quoi cette politique agroalimentaire se traduit-elle contrairement ?

"Je viens de lancer un appel marché pour constituer un conseil agroalimentaire. Pendant un an, un opérateur va rassembler toutes les forces vives de Namur autour de l’alimentation durable. Ce sera une assemblée constituée d’agriculteurs, d’écoles, de distributeurs, de l’université, du CPAS, des artisans. L’idée est d’aller du début à la fin de la chaîne alimentaire, de la graine à la fourchette."

Quel sera son poids dans la politique communale ?

"À la fin de l’année, le conseil agroalimentaire va rédiger un cahier qui mettra noir sur blanc ce qu’on est capable de produire sur le territoire namurois, quelles sont les demandes et quels sont les besoins. Par exemple, si un maraîcher a besoin de tel type de sol pour cultiver tels légumes dont telle collectivité a besoin pour nourrir les écoliers, la ville de Namur pourrait le lui dénicher un terrain et conclure un bail emphytéotique."

Ce conseil sera limité à un an ?

"La mission de l’opérateur sera limitée à un an. Après, ce conseil agroalimentaire se poursuivra, autogéré, et n’aura plus besoin d’un opérateur extérieur."

Il ne s’agit pas d’un organe consultatif de plus ?

"Non, ce ne sera pas aussi formel. On a envie que les acteurs de ce secteur aient tous les outils nécessaires pour qu’à terme, Namur puisse nourrir Namur. On a tout à gagner à ce que la production locale ne s’en aille pas bien loin."

Un exemple ?

"Parfois, par manque d’information ou pour une légère différence de prix, une matière première fait des kilomètres et des kilomètres pour être transformée alors que la solution est proche."

© Swijsen

Cucurbitacées sur terrains inutilisés

L’échevine de la Transition présentera bientôt le contenu de son projet de mise à disposition des terres. Avec l’objectif que Namur "soit capable de fournir ses collectivités, qu’il s’agisse des écoles ou des maisons de repos.

Une première vient d’ailleurs d’être menée à la pépinière de la Ville de Namur à Temploux. "On était en train d’inaugurer la cuisine centrale du CPAS de Namur qui servira à terme à fournir les repas de midi des écoles namuroises. On s’est rendu compte qu’il y avait des bandes de terrain non utilisées dans un verger et on s’est lancés. C’est une petite expérience pour se rendre compte car le job de nos agents est d’entretenir les espaces verts, pas de faire pousser des légumes", raconte Charlotte Mouget.

Le département Cadre de vie de la ville a planté des courgettes et des potirons. Les premières récoltes de courgettes ont eu lieu et s’étalent sur plusieurs semaines. Puis ce sera au tour des potirons d’être livrés et utilisés par les cuisines du CPAS de Namur.