Namur Longue de 1 700 mètres, elle est haute de 2 mètres et pose problème aux voisins.

Ce lundi, il était question d’infractions à la loi sur la chasse devant le tribunal correctionnel de Namur. Sur fond de vieilles rancœurs qui durent depuis une cinquantaine d’années entre chasseurs, c’est le placement d’une clôture de 1 700 mètres de long et de 2 mètres de haut sur un terrain de la région d’Assesse qui pose problème. Cette clôture a vu le jour en 2015.

Le propriétaire d’un domaine bien connu de la région explique : " J’ai rencontré de gros problèmes avec des dégâts de gibiers et de sangliers, c’est pour cela que j’ai fait poser cette clôture. Notre domaine accueille des concours hippiques, elle avait aussi pour but de mieux délimiter le terrain afin d’éviter que certains cavaliers s’égarent."

La barrière pose problème aux deux voisins directs du propriétaire des lieux. Ceux-ci sont chasseurs et il est interdit d’exercer ce type d’activité à une distance minimale d’une clôture. Ils se sont donc constitués parties civiles car ils s’estiment lésés par le dispositif installé qui les prive d’une bande de 190 hectares de territoires de chasse.

Pour l’avocat des plaignants, la clôture, posée volontairement, porte atteinte à la libre circulation du grand gibier, ce qui constitue une entrave au droit de chasse de ses clients et un non -respect de la législation sur la chasse. "Une entourloupe, vu le conflit qui les oppose, une clôture posée pour ennuyer les voisins."

Pour le substitut Herbay, cette clôture est avant tout " une horreur écologique ". Le représentant du parquet rappelle que depuis des années le Conseil d’État, la cour d’appel et la Cour de cassation accueillent des débats sur la légitimité de clôturer en forêt, le droit des propriétaires de terrains étant souvent opposé à l’intérêt général.

Pour le substitut, qui réclame une peine d’amende laissée à l’appréciation du président du tribunal, la conséquence directe de l’aménagement effectué est qu’il maintient la population de sangliers en surnombre. Ce qui va à l’encontre des objectifs écologiques de la loi sur la chasse.

Pour les conseils du propriétaire du domaine et de la société qui exploite celui-ci, la loi sur la chasse n’interdit aucunement la pose de clôtures de ce type. Ils réclament donc l’acquittement de leurs clients.

Jugement le 18 novembre