Il y a une semaine, 48 patients Covid étaient en hospitalisation classique au CHU UCL Namur. Ils étaient encore 59 sept jours plus tôt. La courbe s’aplatit. On compte dorénavant toujours 48 lits occupés. Aux USI, on est passé de 27 à 23 patients, soit une baisse de 15% mais deux d’entre eux sont sous ECMO. Leur sang est oxygéné de manière artificielle pour pallier le dysfonctionnement des poumons. « Les chiffres restent élevés, on n’est pas si loin des paliers qui avaient amené à confiner », estime le responsable de la communication Benjamin Vallée. « A Godinne, on commence à avoir des difficultés à structurer les activités et à assurer la continuité des soins. Cela demande de l’agilité de la part des équipes soignantes et médicales. A Dinant, nous avons revu notre politique d’accès à l’hôpital, en restreignant les visites et la circulation dans l’établissement. Le personnel est fatigué mais ce n’est pas nouveau. » 

La moyenne d’âge des patients ayant fortement diminué, ils restent plus longtemps aux USI, deux à trois semaines, voire plus. « La particularité de cette troisième vague, c’est qu’elle est plus longue et progressive », souligne Luc Mathy, directeur médical du site de Dinant. « Le variant qui prend le dessus est d’office celui qui est le plus contagieux et le plus virulent. Il y a aussi un relâchement des citoyens. C’est humain, je le comprends, j’ai quatre enfants mais cette conjonction d’éléments explique l’activité hospitalière. Il ne faut pas pourtant pas relâcher les efforts en croyant que la vaccination va tout résoudre à court terme. On parle d’un taux de couverture de 70% pour atteindre l’immunité collective mais compte tenu de l’apparition des variants, il faut plutôt miser sur 80, voire 90%. Je pense qu’il ne faut pas y compter avant quatre à six mois. » 

A noter que les stocks de sang pour les groupes A+ et A- atteignent un seuil critique. Comme depuis un peu plus d’un an, cette pénurie s’explique surtout par la crainte qu’ont certains donneurs de fréquenter l’hôpital. Or, une prise de rendez-vous est nécessaire (0800 34 211 ou 081 42 32 36), ce qui limite l’afflux. L’accès à l’établissement de transfusion sanguine ne se fait pas non plus par l’entrée principale.