Namur

Pour l'avocat des parties civiles, l'organisateur a attendu la faillite pour ne pas rembourser

Le 23 juin 2013, Johnny Hallyday se produisait à la citadelle de Namur. Entre des problèmes d’organisation, des préventes qui ne partaient pas et des conditions météos horribles, il fut une catastrophe. Certains y ont perdu leurs billes : un des co-organisateurs est accusé par les deux avec qui il s’était associé d’avoir détourné 200.000 €. On lui reproche un abus de confiance.

Lors de l'audience du 5 juin, le parquet avait demandé l'acquittement du prévenu, alors que les parties civiles réclamaient le remboursement de 100.000€ à chacun des deux associés.Me Gras intervenait pour les deux associés qui se prétendent floués. "Les bénéfices comme les pertes devaient être répartis, ceci en vertu d'une convention, mal rédigée et qui comportait des zones d'ombre. Chacun des deux hommes d'affaires mettait 100.000€ et l'organisateur d'événement gérait celui-ci. Un compte en banque a été ouvert chez BNP, c'est par là que devait passer tout ce qui entrait et sortait. C'était limpide. Mais cela a été géré de manière nébuleuse, les mouvements étaient obscurs. Des dépenses et des rentrées ne sont pas passées par ce compte. Pire, le montant de la vente de tickets a été revu par 3 fois à la baisse."

Les débats se sont poursuivis ce jeudi. Pour le parquet, peu importe le fait que l'argent ait transité par d'autres comptes que celui créé dans le cadre de l'organisation de l'événement ou que celui-ci ait servi à des tâches sans lien direct avec le concert : la balance nette des transferts était déficitaire, rien d'étonnant donc à ce que les associés n'aient pas récupéré leur mise de départ, les 200.000€ étant un investissement et non un prêt.

Me Oger, l'avocat de l'organisateur rappelle que le décompte pisitif de 205.330€ signifié aux deux associés était provisoire, la Sabam, la TVA et d'autres frais n'ayant pas été décomptés. Il réfute toute intention frauduleuse dans le chef de son client et demande au tribunal de réserver sa décision au sujet des intérêts civils réclamés.

Pour Me Gras, l'avocat de l'une de parties civiles, les choses sont claires : l'organisateur, dont la société était en faillite, a joué la montre. « Le 29 octobre 2013, il demandait à mon client un délais, tant pour restituer le capital investit que pour compter les bénéfices. Sa société est tombée en faillite en mars 2014. Les dés ont été pipés» Pour l'avocat, l'intention frauduleuse était bien-là : attendre la faillite de sa société, afin de ne pas payer ses deux associés.

Jugement le 4 septembre