Ce jeudi soir et en direct sur Internet, les élus de Couvin ont frappé fort en matière de communication. Et ce n’est pas flatteur. Quelle altercation entre le bourgmestre et le conseiller Vincent Delire, à propos de la commissaire de la zone de police des 3 vallées, Virginie Wuilmart !

Entre Delire et Wuilmart, les relations sont très tendues depuis… au moins trois ans. La discussion portait cette fois-ci sur les dernières vacances prises récemment par la cheffe de police. Ce qui n’a pas plu au conseiller. Extraits : "Je m’adresse au président du conseil de police…", commence Vincent Delire. "Je vais t’interrompre, Vincent. Si tu as quelque chose à dire à la commissaire, dis-le-lui directement. Je n’ai rien à voir là-dedans", rétorque sèchement le bourgmestre Maurice Jennequin. "Je m’attendais à cette objection. Vous savez bien que les séances de conseils de police ont été réduites au minimum légal. La prochaine est prévue en février, mais ce sera trop tard. Il y a urgence. La commissaire a défrayé la chronique en prenant des vacances à l’étranger…"

La réponse du maïeur, "mais qui es-tu pour la juger ? C’est son droit ! Je ne peux pas accepter ces propos." On finit par comprendre où le conseiller veut en venir. "C’est un comportement plus que blâmable. A une semaine près, elle était dans l’illégalité. C’est inadmissible. Pour quelqu’un qui ne cesse de rappeler à son personnel de montrer l’exemple, c’est un comble. Que dire à nos citoyens sanctionnés qui constatent que la patronne s’autorise ce genre de déplacement controversé. Tout simplement scandaleux !" Le ton monte ensuite entre les deux élus, suivis par d’autres conseillers.

Une vraie cacophonie… "Il faut parler en huit-clos. On attaque des personnes, c’est assez déplacé. Je te le dis en toute amitié, ce n’est pas logique ce que tu fais", répond le bourgmestre. "Le Collège de police était-il informé de ce voyage ? Si oui, quelle réaction a-t-il eu ? Je souhaite savoir si la commissaire s’est mise en quarantaine. Et qui va la surveiller ?", poursuit Vincent Delire. "Elle est en congé, elle fait ce qu’elle veut ! Pas la peine d’ameuter la population pour ce genre d’histoire. Quand on n’aime pas quelqu’un, on le démolit. Les journalistes n’attendent que ça, entre-nous !", conclut le bourgmestre. A noter que la commissaire est actuellement en congé et n’était pas joignable à l’heure d’écrire ces lignes.

Le collège de police de la zone des 3 Vallées a rapidement réagi aux accusations de Vincent Delire : "Le Collège de Police a, comme le veut la procédure, avalisé les congés de la Chef de Corps en date du 30 décembre 2020 et ce pour la période du 15 au 29 janvier inclus. Le 15 janvier, la Cheffe de Corps s’est rendue dans une zone orange (une zone orange s'applique à des pays ou des régions où les voyages sont possibles mais qui imposent des règles particulières aux voyageurs belges qui s'y rendent) après s’être acquittée des formalités requises (testing, formulaire). Vu les derniers changements législatifs relatifs aux voyages, la Chef de Corps a écourté son voyage et est revenue en Belgique la nuit du 25 au 26 janvier. Depuis lors, elle poursuit ses congés, tenant compte des recommandations émises par le SPF Affaires Etrangères. S’agissant du respect de la vie privée de la Chef de Corps, aucun renseignement complémentaire ne sera communiqué. Le Collège de Police dénonce fortement l'acharnement personnel et outrageant d'un conseiller de police contre la Chef de Corps en dénonçant des faits non fondés d'ordre privé. Ce genre d'attitude électoraliste nuit à la démocratie, à la noblesse de la mission de conseiller communal mais aussi à l'honneur d'une personne qui exerce un métier difficile au service de la protection des citoyens."