La crise a du bon: certains élus (mâles) découvrent l'usage du torchon et de la raclette!

Ce n’est pas parce que nous sommes en pleine crise que nos mandataires politiques broient du noir. Heureusement. Ainsi, sur les réseaux sociaux, certains tentent de faire preuve d'un peu d’humour. 

Le sénateur d’Andenne Jules Eerdekens, par exemple, publie chaque jour une petite vidéo sans aucun lien avec le fameux Covid-19, même si un petit générique de fin lâche quelques conseils. Devant sa caméra, il parle de livres, films ou chansons, du Titanic, du chant des Partisans… ou donne une leçon de piano. Pas de montage, le sénateur se montre face caméra tel qu'il est. Et pas de grand discours moralisateur, pas de conseils, juste le court développement d’une idée qui lui est passée par la tête. Chaque jour, il sort donc son petit film, pas nécessaire mais plaisant, qui détend, sans plus, et c’est vraiment dans le style du personnage.

D’autres (re)découvrent une partie de la vie de la majorité de leurs électeurs.

On dirait à propos que les ustensiles de ménage sont fort prisés actuellement. On peut décrier le président de la NVA mais il faut reconnaître que Bart De Wever a été le premier à publier une photo le montrant occupé à donner un coup de frais dans sa maison.

Le nouveau député fédéral et bourgmestre de Cerfontaine Christophe Bombled a publié le même genre d’image sur le réseau Facebook. Manipulant une raclette et un torchon, il la légende : "on aide son épouse dans les tâches ménagères". Révélateur, diront certain(e)s. Mais, bizarre, les féministes n’ont pas encore protesté en faisant savoir qu’apparemment cette participation aux tâches ménagères n'est qu'exceptionnelle…

Même photo à peu de choses près pour Jean-Charles Luperto, le député bourgmestre de Sambreville. Lui aussi passe le torchon dans sa demeure. Mais il prend moins de risque avec la gent féminine quand il écrit "Pensée reconnaissante pour tou.te.s les technicien.ne.s de surface, dont la mienne, dont on mesure mieux encore le travail quand on le fait soi-même! Respect".

Deux photos, presqu’identiques, qui pourraient nous rappeler notre ancien premier ministre Elio Di Rupo préparant des crêpes à la Chandeleur devant un plan de travail parfaitement propre et net…

A Mettet, on retrouve le chef de file des libéraux locaux André Gagliardi dans pratiquement la même posture. Le « Latin Lover » local (ce n’est pas nous qui l’avons dit…) laisse un commentaire : « Le plus dur ce n’est pas de passer l’aspirateur.... mais d’afficher la photo ». Suivra très peu de temps après sur sa page Facebook une vidéo montage qui force quelque peu le sourire par ces temps moroses.

N’allez pas croire, à la lecture de ce qui précède, que nos éminences se la coulent douce : ceci est un clin d'oeil et une petite dose d’humour ne les empêche pas d’être sur le front de longues heures chaque jour.


Délation

Par contre, dans un tout autre registre, un élu de Sambreville, l’Ecolo Jean-Luc Révelard n'a pas envie de sourire. Il a subi les foudres de quelques internautes particulièrement irrités. La semaine passée, il publiait une photo de lui en tenue de cycliste et annonçait qu’il avait effectué une première sortie vélo de 38 kms par les chemins du Ravel. Un post qu'il voulait sympathique. Mais en pleine période de confinement, certains ont vu rouge à un point tel que le conseiller communal a préféré supprimer les commentaires : "Ca devenait dingue. J’ai été menacé. Certains ont fait des captures d’écran en me signalant qu’ils allaient déposer plainte contre moi. On est en pleine période de délation. En période de guerre, ces gens seraient des collabos", s’indigne Révelard. 

Des appels à la délation? Les élus sont aussi assaillis: "Ca tourne parfois au règlement de comptes. On nous envoie des photos ou des vidéos pour dénoncer des gens qui ont enfreint, souvent par méconnaissance, les nouvelles directives. Parfois, je suis gênée", nous glisse une élue communale.