"On n’ose plus se promener même hors chasse sur les chemins balisés : la commune doit agir", estiment des riverains frustrés.

Valérie-Anne Dupont fait partie de ces riverains qui en ont assez des chasses qui se tiennent sur la commune de Profondeville. Elle n’est pas une militante vegan, ne se lance dans aucun combat idéologique ou éthique, elle en a assez de ne pas pouvoir se balader avec son chien dans les bois près de chez elle, une fois l’automne venu.

"J’ai choisi de vivre à la campagne pour profiter de la nature. Le week-end, j’aime me promener et je n’ose plus. C’est encore pire cette année que les précédentes", estime cette habitante de Lustin qui tient le restaurant Le Bouchon à Namur.

Valérie-Anne est pourtant une habituée de l’exercice. Elle sait que certains bois sont réservés à la chasse certains jours du mois. "Je vais consulter le site de la Ville, je m’engage sur des chemins balisés qui sont indiqués comme accessibles. Et je me retrouve à chaque fois face à des chasseurs qui me disent qu’on n’a rien à faire là. J’aimerais bien leur rétorquer que si, preuve à l’appui. Mais ils sont 15 et nous seulement deux, donc on rebrousse chemin", raconte celle qui a bien essayé de contacter la commune.

"Par téléphone ou par mail, c’est mission impossible. Je suis déjà allée sur place, comme d’autres riverains, et les employés ne savent pas donner d’informations ni prendre de plainte. Ils disent qu’il faut prendre rendez-vous avec l’échevin concerné. C’est vraiment dissuasif", estime celle qui ne veut pas qu’on interdise la chasse, mais demande que la commune balise mieux, contrôle mieux et informe mieux.

"On chasse partout autour de la maison. J’entends tirer ou aboyer des chiens dans le fond de mon jardin tous les week-ends. Les chasseurs sortent du périmètre et on n’a rien à dire. On en a vu achever un sanglier au couteau au beau milieu de la route", relate-t-elle.

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Ce dimanche matin, en se promenant rue Goffioul, elle se dit choquée. "Je vois ce mirador récemment érigé au bord de la route, à seulement quelques mètres des habitations. Et à côté, des boyaux… Et un sanglier égorgé laissé à 15 mètres d’un jardin où jouent des enfants. Est-ce qu’on a à subir ça tout l’hiver ? Est-ce que je dois forcément faire 30 km pour aller me promener tranquille ? Où sont les limites de la chasse ?" interroge celle qui estime que les autorités communales font la sourde oreille. "Les bois communaux doivent profiter à tous les citoyens. Il faut poser des limites claires et justes pour tous. Quand la commune va-t-elle nous écouter ?" conclut Valérie-Anne Dupont.

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Normalement; les chasses sont renseignées ici: https://www.profondeville.be/actualites/battues-de-chasse-2019