L’alcool peut occasionner d’importants dégâts et détruire des vies. La preuve, une nouvelle fois, avec ce dossier de coups traité ce lundi matin devant le tribunal de Namur.

Une ancienne enseignante, qui a perdu son emploi à cause de l’alcool (Ndlr : elle quittait sa classe pour aller boire dans sa voiture) a été victime de violences entre 2017 et 2019 de la part d’un homme, lui aussi alcoolique, qui lui rendait régulièrement visite. "Ils n’habitaient pas ensemble mais leurs deux maisons étaient proches. Tout l’argent de madame passait dans l’alcool. Elle ne payait plus ses charges de copropriété, ne s’alimentait quasi plus, son appartement était dans un désordre indescriptible et son hygiène était lamentable. Les voisins parlent même de nuisances olfactives. Elle était déjà alcoolique mais son état s’est dégradé depuis qu’elle fréquente ce monsieur qui s’imposait régulièrement chez elle", précise le parquet de Namur.

Dans ce contexte, plusieurs scènes de coups ont été commises par le prévenu. Le 13 juillet 2019, des piétons ont appelé la police voyant la victime avec le visage tuméfié sur la voie publique. "Le 31 juillet 2019, il l’a frappée sans motif lors d’un repas. Elle a été hospitalisée une semaine. Son visage était mauve sur les 3/4 de la face. Selon l’hôpital, ce n’était pas la première fois qu’elle se présentait pour ça." Outre les traces de coups, un hématome sous-dural a été constaté. Une lésion qui peut être mortelle si elle n’est pas prise à temps. Arrêté, le prévenu a été interdit de tout contact avec la victime. "Mais il lui a amené du vin à l’hôpital."

Le 19 août, des policiers se sont rendus chez la victime dans le cadre des faits précédents. Ils ont dû entrer par la fenêtre car elle ne savait pas ouvrir la porte. Elle souffrait d’une fracture ouverte du bras. "Monsieur l’a poussée car elle n’avançait pas assez vite", ajoute le parquet de Namur.

La défense a plaidé le sursis probatoire. Si certains coups sont reconnus, elle a indiqué que la victime était régulièrement victime de chute à cause de l’alcool. "Selon les voisins, elle devait s’appuyer contre les murs et se servait d’un balai comme canne." Jugement le 26 avril.

S.M