Un quadragénaire est poursuivi pour harcèlement et violation de domicile.

Le parquet de Namur et la partie civile parlent de harcèlement et de domination conjugale. Le prévenu, un Couvinois de 40 ans, parle lui d'une situation et d'une séparation ambiguës après un peu moins de 20 ans de vie commune avec sa compagne.

La période infractionnelle se situe entre octobre 2017 et novembre 2018. Après 17 ans passés ensemble et la mise au monde de deux filles, le couple concerné se sépare. La dame prend ses distances en louant une habitation. Mais les deux se voient encore régulièrement. Pour leurs enfants, mais aussi pour d'autres raisons...

La dame parle de harcèlement. « J'ai été détruite à petit feu. Soumise, je n'avais pas les moyens d'aller contre ses attentes », explique-t-elle. Pour le parquet de Namur, le prévenu est un tyran domestique. « Malgré la séparation, madame était sous pression constante : il lui faisait livrer de la lingerie, il tentait de la toucher et de l'embrasser quand ils se voyaient, il ne payait pas de pension alimentaire et allait dès lors effectuer des travaux chez elle car elle n'avait pas les moyens financiers, etc. » Durant la période infractionnelle, le 24 juillet 2018, l'homme est même entré dans l'habitation de son ex via une fenêtre supérieure de l'habitation. Pour la partie civile, cette pression répétitive forçait madame à lui dire oui. « A force d'être relancée, elle craquait. »

Ce que conteste la défense, liste de sms à l'appui. « On dit que madame n'a jamais fait le premier pas ? C'est elle qui a spontanément envoyé des messages pour prendre des nouvelles, demander qu'il effectue des travaux ou ramène des prescriptions médicales. Il ne savait plus sur quel pied danser.» Le prévenu se défend par ailleurs d'une violation de domicile. Il craignait le pire, son ex ayant déjà fait une tentative de suicide et ne répondant pas ce jour-là. « Il y a un contexte et un état de nécessité », plaide son avocat. Douze mois sont requis par le parquet de Namur.