Ce n’est pas le genre d’explication qu’on a l’habitude d’entendre devant un tribunal correctionnel. Un habitant de l’Entre Sambre et Meuse est poursuivi pour avoir cultivé et vendu du cannabis, entre juillet et décembre 2017. Devant le président Haucquier, il a expliqué avoir agi de la sorte pour payer les soins de santé de sa femme. "Elle était atteinte d’un cancer et n’avait pas d’assurance hospitalisation. Nos finances ne suivaient pas pour payer les biopsies, les chimios, les scanners, etc. Je n’ai pas vraiment eu le choix. C’était uniquement pour la soigner. Moi, je fumais un ou deux joints par mois, pas plus."

Quand la police est intervenue, l’homme en était déjà à sa deuxième récolte. Le président le reconnaît, l’ampleur de la culture n’était pas phénoménale. "Mais ça reste illégal."

D’après le parquet de Namur, le prévenu engrangeait un bénéfice de 300 à 400 euros par mois. "Heureusement, toutes les personnes qui rencontrent des difficultés financières n’ont pas le réflexe de cultiver du cannabis", a expliqué la représentante du ministère public qui a requis 10 mois de prison avec sursis.

Vu l’ancienneté des faits, la défense a demandé une simple déclaration de culpabilité ou une peine de probation autonome. "Avoir une peine de prison inscrite dans son casier judiciaire ne serait pas judicieux." Jugement le 24 février.