Ils étaient venus d’Albanie spécialement pour cela. Pas pour faire pousser de la drogue et la consommer, mais bien pour en produire massivement dans un but de lucre. Le dossier dont il est question implique 8 prévenus. 3 d’entre eux, dont les deux frères à l’origine de ces plantations de cannabis mise sur pied entre janvier et juillet 2020 comparaissaient détenus le 18 mars. Deux étaient libres et 4 sont en fuite. Outre les préventions relatives à la culture de cannabis et à l’appartenance à une association de malfaiteurs, certains d’entre eux sont en outre concernés par des préventions de détention d’armes prohibées, de séjour illégal, de blanchiment d’argent (12.000 euros) ou de vol d’électricité.

Interrogés par le tribunal à la mi-mars, les deux principaux prévenus jouaient la carte du "rien vu, rien entendu, pas au courant". Ils ont pourtant loué 2 habitations, chaussée de Marche à Wierde et rue Pierre du Diable à Jambes, pour y faire pousser du cannabis après s’être raccordés sur le réseau électrique d’Ores, à qui ils dérobaient du courant. 479 plants dans le premier cas et 720 plants dans le second. A Jambes, ce sont d’ailleurs, outre des anomalies thermiques, les trajets en pleine nuit et le déchargement de grandes quantités de terreau qui ont alerté le propriétaire du bâtiment et le voisinage, qui ont appelé la police, qui retrouvera sur place le 19 juin tout le matériel nécessaire à une culture florissante (100 sacs de terreau, des ventilateurs, climatiseurs,…). La plantation avait été entre-temps déménagée vers Saint-Amand (Fleurus), où les plants jambois ont été retrouvés alors qu’un jardinier était en plein travail.

Si ce dernier a été obligé de reconnaître les faits, il a été peu bavard avec les enquêteurs, par peur de représailles envers sa famille restée en Albanie.

Au sein de l’association, les rôles étaient répartis entre les intervenants, certains se chargeant d’entretenir des contacts avec les Pays-Bas, de louer les bâtiments, d’autres d’y installer le matériel destiné à la culture du cannabis ou bien d’entretenir ou d’arroser les plantes. Les enquêteurs estiment l’actif illégal engrangé à 104.038 euros.

L’instigateur des faits écope d’une peine de 6 ans de prison et de confiscations à concurrence de 50.000 euros, alors que son frère est condamné à une peine de 3 ans assortie d’un sursis de 5 ans et se verra confisquée la somme de 31.000 euros. Un co-prévenu est condamné à une peine de 3 ans assortie d’un sursis de 5 ans, 3 autres écopent de peines de 2 ans et le dernier d’une condamnation d’un an de prison. Les véhicules utilisés dans le cadre de ces activités illicites sont aussi confisqués.