Maxime (prénom d’emprunt), était jusqu’ici connu de la justice namuroise pour sa fâcheuse tendance à conduire comme un sauvage et sans permis. Le 17 février, il a dû s'expliquer au sujet d’une vingtaine de préventions d’un tout autre ordre (faux et usage de faux, blanchiment, abus de confiance, fraude fiscale, travail frauduleux, aveu tardif de faillite, crédit artificiel ;…), mais liées à sa passion pour les belles mécaniques. Durant la période infractionnelle, comprise entre 2012 et 2017, date de la faillite de la société, il n’a pas déclaré ses revenus, n’a pas déclaré de TVA ni de cotisations sociales et ne tenait pas de comptabilité.

A l’âge de 18 ans, celui qui n’est aujourd’hui pas encore trentenaire touche une coquette somme suite… à un accident de voiture. Sans diplôme, il décide d’investir ces liquidités dans des véhicules : BMW, Porsche, Lamborghini,… Bien conscient du coût que représente l’immatriculation de voitures de luxe, il crée une société et décide d’émettre des fausses factures concernant des véhicules d’occasion afin de pouvoir bénéficier de plaques "garage" et d’être ainsi exempté de la dite taxe. Quand il sent que les choses se compliquent pour la société, étant piètre gestionnaire, il continue ses "affaires" sur le côté et fait notamment transiter une somme avoisinant les 200.000 euros par le compte de sa grand-mère afin d’éviter la saisie des sommes en cas de faillite. Ce qui attirera l’attention et entraînera une instruction, en 2017.

Il déclarait : "J’achetais les voitures pour moi, en fonction de mes coups de coeur, pour rouler avec. Je les revendais ensuite pour en acheter d’autres. Mais c’est parti en vrille, je n’ai rien fait de la société par négligence, c’est devenu n’importe quoi."

Le parquet de Namur soupçonnait que de faux contrats de leasing aient été rédigés afin que certains véhicules ne soient pas renseignés comme appartenant à Maxime et ne soient donc pas saisissables. Le substitut Moreau a réclamait à son encontre une peine de travail de 240 heures, une amende de 500 euros, une interdiction professionnelle de 5 ans et des confiscations importantes : les 193.000 euros ayant transité par le compte de sa grand-mère, mais aussi le remboursement de tous les avantages perçus à travers les préventions d’abus de biens sociaux, de fraude fiscale ou de crédit artificiel.

Le jugement est intervenu ce mercredi : le tribunal a prononcé une peine de prison de 10 mois et une amende de 3000 euros assorties d'un sursis de 5 ans. La confiscation d'une somme de 30.000 euros et la confiscation de 3 véhicules est également prononcée.

En octobre dernier, Maxime a lancé un nouveau commerce de véhicules d’occasions. "Je n’achète désormais plus de véhicules avec le coeur car je me suis rendu compte que financièrement ce n’était pas viable. Je me fais accompagner par un comptable qui me suis de près, afin que tout soit fait correctement."