La cour d’assises de Namur entamera ce lundi le procès de Bernard Marchal, accusé d’avoir tué son frère Jean-Luc le 30 octobre 2019 vers 17h à Bois-de-Villers. Actuellement détenu sous bracelet électronique, il comparaîtra libre dès lundi. L’acte d’accusation de l’avocat général Mottiaux permet de lever un premier voile sur les faits.

La police Entre Sambre et Meuse a été appelée ce jour-là vers 17h30, rue Bertrand Elie, pour un meurtre. A leur arrivée, les policiers, qui arrivent en même temps que le SMUR, ils rencontrent Murielle, la compagne de Jean-Luc Marchal, qui leur dit que son compagnon est mort et qu’il a été tué par Bernard Marchal, son frère, avec un couteau. Jean-Luc Marchal se trouve derrière la porte, couché sur le dos. La victime a perdu beaucoup de sang. Il y en a dans le couloir mais aussi dans la cage d’escaliers toute proche et sur les marches. Les policiers fouillent la maison. L’auteur présumé et sa compagne, Christelle avec qui il a pris la fuite sont introuvables, tout comme l’arme du crime. La mère des frères Marchal, domiciliée à cette adresse et atteinte de la maladie d’Alzheimer, est présente dans une pièce, en fauteuil roulant. Elle ne s’est pas rendu compte de ce qui venait de se passer. Dans un premier temps, il est difficile de déterminer la cause de la mort de Jean-Luc Marchal, puis une entaille d’1,5 cm au niveau du cou, côté droit, de ce dernier est découverte.

Rapidement, les policiers se mettent en route vers les domiciles de Bernard Marchal et de sa compagne. Où ils ne se trouvent pas. Le véhicule Nissan 4x4 de Marchal est alors repéré, stationné. Les deux occupants sont privés de liberté vers 21h. Après les faits, Bernard Marchal, paniqué, est passé dans un magasin de nuit, a appelé un ami et sa fille, a rendu visite à son ex-femme et est allé manger un steak dans un établissement de Profondeville.

Entendu le lendemain des faits, Bernard Marchal explique lui, son frère, et leurs deux compagnes ont bu des demi-litres de bière pendant plusieurs heures. Les deux femmes auraient alors commencé à se disputer. La cause de cette dispute varie selon les intervenants du dossier. Le vol du sac de Muriel par Christelle est évoqué, tout comme le fait que Muriel avait couché avec Bernard une quinzaine d’années auparavant. Alors que Bernard se trouvait à l’étage, son frère serait monté pour obtenir une explication au sujet du vol du sac. Il déclare dans son premier interrogatoire : "J’étais pris de panique. Je vois mon frère sur Ie palier entre les deux volées d’escalier. On se rejoint sur le palier et je lui dis en lui montrant Ie couteau : "Fous ton camp". Il m’a foncé dessus et je lui ai foncé dessus et j’ai donné Ie coup de couteau. J’ai vu du sang qui venait de sa gorge directement, il a descendu l’escalier et s’est effondré à la porte d’entrée en bas. Murielle était restée en bas et criait : "Tu as tué ton frère" et elle a vite sonné avec Ie fixe pour l’ambulance."

Bernard Marchal ajoute : "Je ne pensais jamais faire une chose pareille, c’était plus pour qu’il parte que j’ai pris Ie couteau." Au sujet de l’arme du crime, l’accusé explique : "C’est un couteau à steak, manche en plastique noir, il y a des petites dents sur la lame, il fait quoi maximum 20 centimètres."

Bernard Marchal a évoqué sa relation avec son frère : "En plus je m’entendais bien avec, c’est ça que je ne comprends pas. J’ai pas voulu Ie tuer."

En octobre 2001, Bernard Marchal avait déjà donné un coup de couteau, au moyen d’un couteau papillon, à la suite d’une soirée arrosée. Pour ces faits, qualifiés de coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité de travail et de port d'arme prohibée, Marchal a été condamné par le tribunal correctionnel de Namur le 9 janvier 2004, à une peine de 8 mois d'emprisonnement assortis d'un sursis de 3 ans.

L’accusé sera défendu par Mes Maudoux et Fery. La session d’assises sera présidée par Olivier Warnon. Serge Mottiaux sera l’avocat général. 7 femmes et 5 hommes constitueront le jury.2 femmes et un homme seront les jurés suppléants.

Bernard Marchal : un fonctionnement intellectuel limite, une personnalité fruste

A la demande du parquet, un examen externe du corps de Jean-Luc Marchal a été réalisé par le Docteur Duverger le jour des faits. Il a permis de mettre en évidence “une plaie

présentant un caractère pénétrant net et localisée à la base du cou à droite, juste au-dessus de l’articulation sterno-claviculaire droite”. L’autopsie a permis de déceler “une section partielIe de l’artère sous-clavière gauche et de l’aorte thoracique (région isthmique) à l’origine d’un choc hémorragique hypovolémique létal par désamorçage de la pompe cardiaque.

Bernard Marchal était sous l’influence de l’alcool (3,60 g/L).

Trois médicaments psychotropes ont également été décelés chez lui : du diazépam, du tramadol, et de la trazodone, médicament antidépresseur. L’alcoolémie de Jean-Luc Marchal déterminée sur Ie prélèvement post-mortem est de 2,70 g/L.

L’expertise psychiatrique de Bernard Marchal relève un trouble chronique de l’utilisation de l’alcool. Un fonctionnement intellectuel limite, voire un léger retard mental sont soulignés, tout comme une personnalité fruste.