Urban Architectes vient de voir sa 5e maison Light.house montée presque en un seul jour !

Urban Architectes, c’est un gros bureau installé avenue Reine Astrid à Salzinnes. Un bureau où l’on réfléchit au monde qui nous entoure et aux besoins des personnes qui y vivent. Ici, on travaille sur de gros marchés publics comme la requalification du site des Forges de Clabecq avec environ 600 logements dans un environnement entouré de verdure avec des commerces et services. Mais on se penche aussi sur les demandes de particuliers pour leur maison unifamiliale.

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C’est dans ce cade que le modèle de Light.house a vu le jour. "Il y a 20 ans, le modèle était la maison unifamiliale avec le garage et le jardin. Aujourd’hui, les familles sont décomposées, recomposées et on s’adapte à la demande. La réflexion est venue d’une demande après une séparation", se souvient Anthony Seunis.

Quand on se retrouve avec le budget issu de la moitié de la revente de sa maison, qu’on a besoin de plusieurs chambres pour accueillir ses enfants une semaine sur deux, qu’est-ce qu’on peut se permettre comme maison ? Un bâtiment ancien, énergivore, dont la rénovation va multiplier le prix par deux ?

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Ou une Light.house économique, peu énergivore et durable comme le cinquième exemplaire, conçu par le bureau Urban Architectes qui vient d’être monté à Saint-Georges/Meuse ?

Pour l’instant, le budget pour une maison habitable de 3 chambres (un peu moins de 150 mètres carrés) est de 125 000 € HTVA, soit environ 150 000 € TVAC auxquels il faut ajouter le prix du terrain, l’équipement de cuisine le raccordement.

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"Le budget va évidemment varier en fonction de la nature du terrain et des finitions que le client va vouloir apporter. Nous continuons à optimiser le projet et réduire ses coûts. L’objectif est de monter et fermer cette maison hyperéconomique en une seule journée", précise le bureau dont le modèle risque bien d’intéresser les pouvoirs publics. Et le dernier montage en date a reçu la visite du ministre wallon Jean-Luc Crucke le mois dernier.

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L’idée maîtresse de cette Light.house, c’est que tous les panneaux en ossature bois avec bardage métallique soient assemblés en atelier, comme ceux de la rénovation du bâtiment du SPW à Jambes. Y compris le toit en pente, le revêtement de sol, les murs intérieurs… "Un bloc moteur est prévu, destiné à accueillir toutes les techniques (chaudière, ventilation, tuyauteries…) est lui aussi conçu et fabriqué en intérieur. Une fois que tout est prêt, on peut monter la maison en une journée, parfois deux", précise Anthony Seunis.

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"Cette technique de maison posée peut-être adaptée à tous les types de terrains y compris très dénivelés. Ce procédé, de par la précision de ses mesures et le fait que tous les intervenants vont travailler dans le même fichier, permet de tout prévoir et d’éviter tout supplément", se réjouit architecture (urbaniste) dont le bureau est avant tout guidé par une recherche de simplicité, d’économie et d’efficacité. Depuis des années, Urban Architectes s’est spécialisé en construction bioclimatique, basse énergie et passive. "L’ossature bois, s’il n’y a pas d’infiltration, est tout aussi durable que n’importe quel autre matériau", rassure encore celui qui s’est formé à la sylviculture avant de concevoir les bâtiments.

Un bâtiment SPW isolé sans déloger les employés

L’immeuble 6 niveaux du CRAC à Jambes a été rénové par l’extérieur en ossature bois.

Parmi les fiertés récentes du bureau namurois d’architecture Urban figure la rénovation et l’isolation du bâtiment abritant le CRAC, le Centre régional d’aide aux communes, à Jambes. "Il fallait non seulement remettre aux normes, mais isoler le bâtiment énergétiquement et résoudre les problèmes de surchauffe et d’éblouissement dont se plaignaient les occupants" , explique Anthony Seutin, associé.

Il faut dire que cet immeuble de 6 niveaux datant des années 60 comptait de très nombreuses fenêtres. Et puis le souci lorsqu’on rénove ce genre de bâtiment administratif, c’est qu’il faut déménager les occupants, les installer dans d’autres bureaux et puis redéménager. "Nous avons proposé un projet qui ne nécessitait pas toute cette logistique et proposé un chantier en milieu occupé avec une technique audacieuse qui constitue, je pense, une première en Wallonie : rénover et isoler par l’extérieur tout le bâtiment grâce à d’immenses panneaux de bois préfabriqués."

Non seulement la gêne occasionnée par le chantier est fortement diminuée car tous les éléments sont fabriqués et vérifiés en atelier, mais les surcoûts sont inexistants tant l’outil de mesure est précis. Et le chantier n’est pas tributaire de la météo ni de la coordination entre plusieurs corps de métier : ce sont les mêmes hommes qui assemblent le tout selon des plans précis.

"Je pense que nous avions prévu un centimètre de marge d’erreur et qu’il n’a même pas été nécessaire" , sourit Anthony Seutin. Pour ce chantier innovant, Urban Architectes a travaillé avec Machiels Building Solutions (MBS), qui a pris les mesures par drone avant que des spécialistes fabriquent en atelier, des parois entières, isolées avec ossature bois, chacune de 30 m2 comprenant la menuiserie extérieure, le bardage en acier, les pare-soleil intégrés…

Cette double façade a permis un nouveau système de ventilation double flux et la consommation d’énergie devrait baisser de 90 %.