Une étude d’un an a été commandée sur l’adaptation aux changements climatiques, pour que les actions futures aient un impact.

Le mois dernier, le collège namurois a lancé l’appel d’offres pour une étude sur "l’adap t ation du territoire communal aux changements climatiques" . Cette étude observera le territoire pendant 4 saisons et présentera un focus sur l’inventaire des vulnérabilités du territoire ; un autre sur les zones qui au contraire ont un potentiel. Ainsi que des mesures et actions d’adaptation pour l’avenir.

Un an après que Namur a lancé l’un des premiers échevinats de la Transition écologique du pays, on voit poindre l’une des décisions stratégiques de Charlotte Mouget.

"On travaille en profondeur, mais il est clair que ce ne sont pas des matières très sexy à expliquer. On doit d’abord évaluer le plan climat énergie 2020 et déterminer les priorités du plan air climat énergie 2030, mais l’un des volets que je voulais absolument voir figurer dans le plan stratégique transversal, c’est cette étude, pour ne pas avancer tête baissée les 5 années à venir", insiste celle qui estime avoir "une obligation morale envers les citoyens de faire preuve d’adaptabilité".

Cette adaptabilité du territoire aura des implications concrètes sur la vie et le bien-être des citoyens et pas seulement en matière de nature.

Bien sûr, cette étude déterminera quelles sont les essences à privilégier à l’avenir en matière d’arbres, de buissons, de haies etc. "Par exemple, dans les forêts, les système racinaires de tel type d’arbre sera mis en difficulté en raison du stress hydrique ; tel autre sera moins résistant aux vents violents dans quelques dizaines années alors qu’on sait que les températures vont augmenter, que les sai sons seront plus marquées avec des épisodes extrêmes", souligne l’échevine qui gère notamment des Espaces verts et de l’Aménagement du territoire.

Cette étude, elle la décrit comme ambitieuse. "Elle déterminera les grandes lignes pour que les autres échevins et moi-même soyons sûrs que ce qu’on va mettre en œuvre pendant la législature serve réellement sur le long terme."

Exemple ? Les risques d’inondations qui ont une incidence directe sur la vie économique et les habitations des citoyens namurois. "Les zones agricoles doivent faire face aux ruissellements et aux sécheresses : quels types de haies faut-il privilégier le long de quelles plantations agricoles pour éviter d’inonder les caves des riverains lors de fortes pluies ? L’étude le dira. Elle montrera aussi où sont les îlots de chaleur qui ont un impact de la qualité de l’air et un effet direct sur les personnes âgées, les bébés, les malades…", décrit-elle.

© Collectif

Mise sous pression par des activistes et citoyens

L’échevine de la Transition, Ecolo, est dans le viseur des actes de désobéissance civile.

Ce dont Namur commence à se rendre compte, c’est de la convergence des luttes. Ceux qui militaient hier contre le projet de centre commercial sont rejoints par des militants d’Extinction Rebellion (qui réclame l’urgence climatique), une partie du réseau wallon de lutte contre la pauvreté (qui demande une justice climatique). Et l’échevine de la Transition - qui se décrit comme "l’échevine des arbres" quand elle se déplace sur un chantier - est mise sous pression maximale.

Chaque mois, XR alias Extinction Rebellion, est présent au conseil communal, parfois précédé d’une action surprise de désobéissance civile comme la présence de mètres cubes de copeaux de bois devant l’hôtel de ville.

Chaque semaine, Marcel Guillaume l’interpelle au nom d’un collectif de militants et de citoyens, sur Facebook ou par mail, sur la situation de tel arbre maltraité, tel arbre condamné.

Le fossé se creuse.

L’échevine répond de manière pédagogique à chaque fois et se rend au chevet de chaque arbre qui est porté à son attention, tente de sauver l’un ou l’autre. Mais elle ne reviendra pas, ni en paroles ni en actes, sur ce que qui a été décidé sous la législature précédente, à savoir la suppression du square Léopold, avec le soutien d’Ecolo, pour la construction d’un projet mixte commerces/logements/bureaux.

Parmi les actions prévues par le collectif de préservation des arbres, celle de ce samedi entre 15 h et 16 h, qui s’oppose au permis d’abattre du hêtre remarquable pour l’extension du casino.

Ou encore la vague de plantations citoyennes sur la voie publique, qui se tiendra la journée du dimanche 15/12.