Le parquet de Namur a réclamé jeudi devant le tribunal correctionnel jusqu’à 8 ans de prison à l’encontre de 17 prévenus accusés de former une association de malfaiteurs ayant commercialisé plusieurs dizaines de kilos de cannabis et de la cocaïne en province de Namur entre 2016 et 2019.

Selon le parquet de Namur, l’association était une pyramide au-dessus de laquelle on trouvait Ludovic V. Celui-ci est accusé d’avoir vendu du cannabis par dizaines de kilos ainsi que de la cocaïne. Le prévenu conteste la période infractionnelle ainsi que les quantités et le fait d’avoir vendu de la cocaïne. "Je ne vends pas de la mort à mes clients, je n’ai pas vendu de cocaïne. Du cannabis, j’en ai vendu pendant 2 ans maximum, mais il n’y avait pas d’association. Ils m’achetaient et vendaient ce que leur appartenait, sans plus. Je suis peintre en bâtiment. Au décès de ma grand-mère, je me suis mis à vendre pour subsister."

Association ou pas, le commerce était conséquent. Un second couteau est ainsi accusé d’avoir vendu 42 kilos de cannabis.

Le substitut Gaublomme déclarait : "L’association était bien rodée. Tout partait d’une personne, qui se reposait sur 13 vendeurs et des intermédiaires. Il avait un chauffeur, alors que toute la marchandise transitait par une seule habitation où tout le monde avait accès, chez une véritable nourrice".

8 ans de prison sont réclamés pour Ludovic V. 6 années de prison sont requises contre Andrew C, absent à l’audience, mais qui est accusé d’avoir vendu 50 kilos de cannabis, soit un chiffre d’affaires de 500.000 euros et des bénéfices qui s’élevaient à près de 3000 euros par semaine. Des peines variant entre 4 ans et 8 mois sont demandées pour les autres prévenus impliqués.

Me Leloup, avocat de Ludovic V, estime que les quantités évoquées sont exagérées et ne reposent que sur des déclarations de co-prévenus, son client n’ayant été interpellé qu’avec 100 grammes de marchandise. "Les quantités sont ahurissantes, ce sont des fantasmes du ministère public et des enquêteurs. Mon client vivait modestement, il n’a pas de voiture, pas de maison."

En pleine plaidoirie de son avocat, Ludovic V. réaffirme que les chiffres sont faux. Il affirme à la présidente Matagne qu’il ne vendait pas plus de 100 grammes par jour. Après un rapide calcul, celle-ci lui fait remarquer que sur une période de 2 ans, 73 kilos auraient dès lors été écoulés. Me Leloup plaide une peine de travail pour son client, mettant en avant le fait que Ludovic V vient d’être papa. "Cela ne l’a pas empêché de vendre de la drogue alors même qu’il était en libération conditionnelle sous bracelet électronique", rétorque la présidente

Les conseils des autres prévenus ont plaidé des peines de travail ou assorties de sursis.

Suite des débats le 24 septembre.