Namur

Les jeunes du Cefa et l’ASBL Archeolo-J apportent leur pierre à l’édifice en ruines

NAMUR L’église Saint-Martin de Frizet est la première église de Namur. Elle date du XVIe siècle et a été fermée au culte à la fin du XIXe siècle car de nouvelles églises, construites dans les villages voisins de Vedrin et de Saint-Marc, sont devenues paroissiales. Le cœur polygonal et les quatre dernières travées de la grande nef sont gothiques datant de la 2e moitié du XVIe siècle; la 5e travée et les collatéraux datent, eux, de la seconde moitié du XVIIIe siècle.

En dépit de son classement en 1958 au patrimoine wallon, la dégradation naturelle accentuée par le vandalisme poursuivra son inéluctable chemin pour aboutir fin du XXe siècle à l’écroulement de la colonnade nord. En 2003, la Ville de Namur devenait propriétaire du bien et a procédé à des travaux de consolidation. Le service de l’archéologie a également procédé à la pose d’un étançon au niveau du chœur.

De son côté, l’ASBL Les Amis de Frizet a éliminé la végétation à l’intérieur de l’édifice et à la pose d’une grille permettant sa fermeture. Depuis lors, ce qui restait de cet édifice remarquable était à l’abandon faute d’une consolidation complète permettant de transmettre ce patrimoine aux générations futures. L’Institut du patrimoine wallon avait, en son temps, estimé les travaux de consolidation à 200.000 €, soit un montant assez conséquent.

L’édifice se dégradant de plus en plus, il était temps de prendre une décision. L’échevin du Patrimoine, Tanguy Auspert, a eu l’idée de faire appel au Cefa (Centre de formation en alternance) pour mettre sur pied un chantier-école qui permettra de sauvegarder ce patrimoine tout en offrant aux jeunes l’apprentissage des techniques de restauration sur chantier.

Au préalable, il a été fait appel à l’ASBL Archeolo-J pour effectuer, cet été, un relevé des pierres au sol de la colonnade effondrée : pierre de parements, de stockage, pierres sculptées. Un tri des pierres sera également effectué afin de pouvoir garder celles qui pourront être utilisées dans le futur tout en éliminant les déblais accumulés sur le site. “Notre objectif est de protéger ce que l’on a et de remonter les colonnades”, explique Alain Fossion, directeur du Cefa.



© La Dernière Heure 2012