Philippe Dehuit a assisté au drame. Pierre Pigneur était le premier secouriste sur place.

Parmi les personnes présentes lundi soir sur le quai Culot figuraient près d’une dizaine de Dinantais. Tous se souviennent encore de ce tragique moment de vie.

Philippe Dehuit a 64 ans aujourd’hui. Il en avait 14 à l’époque. "J’habitais à 50 m du lieu du drame, se souvient ce Dinantais. Je vois encore qu’avant l’accident, il y avait un beau voilier en bois là où l’autocar a basculé. C’était rare à Dinant. Je revois un homme, avec un long bâton avec un crochet au bout, en train d’essayer de retirer des crasses qui se trouvaient entre son bateau et la berge. Après plusieurs tentatives, il a finalement déplacé son voilier de l’autre côté de la Meuse."Fils de policier, Philippe Dehuit a ensuite dîné en famille. "J’ai eu envie d’une glace. Je me suis rendu à pied chez Bouboule, par le coin coiffeur Pierret et rue Sax et je suis revenu jusqu’à la boucherie Lecler par la Meuse. Arrivé à la grille du jardin, j’ai entendu un énorme bruit derrière moi. Quand je me suis retourné, un car coulait lentement dans la Meuse ! Le reste est plus confus dans mon esprit mais je me souviens que mon père est allé acheter un cadenas afin de placer une chaîne car bon nombre de personnes venaient dans notre jardin voir ce qu’il se passait."

La suite des événements est bien plus claire dans l’esprit de Pierre Pigneur, plongeur aux pompiers de Dinant à l’époque. Il est le premier secouriste a être entré dans l’autocar. "Je me souviens avoir reçu un coup de téléphone pour me prévenir de l’accident. J’avais mon matériel avec moi. Je me suis immédiatement rendu sur place et je n’ai pas attendu l’arrivée des autres pompiers pour intervenir , explique Pierre Pigneur. Le moyen le plus facile pour entrer dans le véhicule était de casser les ouvertures sur le toit. On est descendus par là. Tous les occupants du car étaient assis, mais plus personne ne bougeait. Le plus dur à voir c’était les corps alignés le long de la Meuse, malgré les couvertures posées dessus."

À Dinant, l’événement restera encore longtemps dans les mémoires.

S.M