Les futurs Virginie Viard, Anthony Vaccarello, Édouard Vermeulen, Dries Van Noten, Ann Demeulemeester et autres Glenn Martens sont peut-être parmi eux. Parmi les élèves de la section mode-stylisme de l’Emap, l’école des métiers et des arts de la province, située en plein cœur de Namur. La proclamation des résultats – et la remise de diplôme pour certains – s’est déroulée ce mardi 29 juin. L’occasion pour tous de découvrir – par l’image - les créations de ces talents en devenir… Et de braquer les feux des projecteurs sur une des formations phares de l’établissement provincial qui jouxte le théâtre de Namur.

Qu’on ne s’y méprenne pas. Ici, on n’apprend pas seulement la couture. On apprend à créer des vêtements et à les réaliser, tout en cultivant son sens artistique. C’est là l’essence même de l’Emap. Son ADN. Elle offre aux jeunes une chance de s’épanouir en leur permettant de creuser, de développer leur fibre artistique, d’en explorer concrètement toute l’étendue et de bâtir, à partir de là, un véritable projet de vie. Et ce, dès la troisième année.

La province de Namur indique : "Dès le départ, les élèves sont plongés dans le bain et sont amenés à dessiner et produire un vêtement. Le niveau de difficulté des réalisations va crescendo : une jupe et un petit haut à partir de petits éléments techniques, puis une robe avec un développement de manches en troisième ; en quatrième, on introduit des difficultés supplémentaires avec la conception notamment d’un chemisier et d’un pantalon ; niveau de difficulté encore augmenté en cinquième avec, entre autres, la réalisation d’un ensemble ou d’un tailleur et puis, en sixième, on en arrive à des pièces encore plus élaborées, comme le manteau et même des sous-vêtements. Une approche créative motivante au sein de laquelle viendront bien sûr se greffer d’indispensables exercices techniques. L’ambition de l’Emap, c’est d’offrir à ses jeunes élèves un accès au monde de la mode et du stylisme au travers d’une formation pointue, au plus près de la réalité de la profession, avec du matériel spécialisé (machines à coudre professionnelles individuelles) et une approche de tout ce qui fait le milieu… C’est un apprentissage à 360 degrés. Il y a ainsi des visites (musée de la mode…), l’organisation d’un défilé avec toutes ses composantes… Chose qui en raison de la crise sanitaire n’a pu se faire, cette année. En lieu et place, les élèves ont pu se glisser dans les coulisses d’un shooting mode – le leur (NDLR – notre dossier) – ou encore se frotter à l’exercice de l’interview."

Au terme de son parcours scolaire, l’agent technique en mode et création a acquis les connaissances techniques et artistiques de base nécessaires pour entrer dans la vie active ou, s’il le souhaite, entreprendre des études complémentaires ou supérieures. Certains entreprendront des formations en gestion qui leur permettra d’ouvrir leur boutique ou développer une activité de styliste. D’autres encore voudront se perfectionner et entreprendre une formation de styliste-modéliste dans l’enseignement supérieur, à Bruxelles, à Liège ou ailleurs. Ils pourraient aussi, demain, explorer un pan plus particulier du métier à l’Emap. L’école a en projet l’ouverture d’une 7e – professionnelle – « arts du spectacle » axée sur la création de costumes pour le milieu des arts et du spectacle. Une formation qui ne se limiterait dès lors pas aux seuls vêtements, mais s’étendrait à la maroquinerie, aux chaussures, aux chapeaux.