Pédozoophilie. Le terme n’est que rarement utilisé dans les tribunaux tant ce qu’il évoque est répugnant. Paul, né en 1995, est accusé de s’être procuré et d’avoir détenu une centaine d’images pédopornographiques, dont certaines mettaient en scène des enfants et des animaux. Entre 2013 et 2020, le prévenu a téléchargé environ 100.000 fichiers pornographiques, dont certains relevaient donc de la pédopornographie.

"C’est vrai, je téléchargeais des films et des vidéos relatifs à la zoophilie ou au bondage. Mais les enfants ne m’intéressent pas, je ne suis pas pédophile. Sur la plateforme de téléchargement que j’utilisais, on télécharge par dossiers entiers où tout n’est pas forcément trié et où l’on trouve du tout-venant. J’ai fait confiance aux gens et il y avait ces images dedans. Pour avoir accès au dossier, il fallait le télécharger au préalable. Je n’avais pas l’intention de consulter de la pédopornographie, mais c’est arrivé."

C’est la plateforme Dropbox qui a signalé l’adresse IP de Paul aux autorités judiciaires, après avoir vu passer une photo et 6 vidéos pornographiques, en mai 2019.

Le substitut Reusens explique : "Une visite domiciliaire a eu lieu le 14 mai 2019. 2 ordinateurs, un Ipad et un Iphone ont été saisis. Le prévenu a immédiatement prévenu les enquêteurs qu’ils allaient trouver de la pédopornographie sur ces machines. Il détenait donc sciemment ces contenus. Il a d’abord dit qu’il avait effacé des fichiers, avant de déclarer qu’il avait oublié d’en effacer certains autres. Ces images mettant en scène des enfants et des animaux étaient dégueulasses. Alors que la première visite de la police aurait dû inciter le prévenu à la prudence lors de ses téléchargements, de nouvelles images de zoophilies impliquant des enfants ont été trouvées sur son nouvel Iphone avant sa deuxième audition."

Pour la représentante du ministère public, l’acquisition et la détention des images problématiques sont établies. Une peine de 10 mois assortie d’un sursis probatoire est requise, le substitut Reusens s’opposant à une suspension probatoire du prononcé de la condamnation.

Le conseil de Paul plaide l’acquittement. "Il déclare en effet télécharger ces images par paquets. Sur les 100.000 fichiers, il n’a sans doute pas pu prendre connaissance de leur totalité, 100 impliquaient des mineurs et revêtaient donc un caractère infractionnel. Il n’est pas établi qu’il a voulu obtenir ces fichiers de manière consciente. Si l’Unité de Psychopathologie Légale relève une sexualité disharmonieuse et lui conseille d’être suivi psychologiquement pour son attirance pour la zoophilie, il n’est pas considéré comme dangereux et le risque de récidive est considéré comme faible."

Jugement le 24 juin.