L’affaire examinée par le tribunal correctionnel à la fin du mois de mars a débuté par la constitution de partie civile d’une banque à l’encontre du couple de prévenus, qui ont fourni un faux document afin d’obtenir un crédit de plus de 634.000 euros pour la construction de leur habitation privée, faux qui fait d’ailleurs l’objet d’une autre procédure à l’encontre du couple. 5000 euros de l’acompte versé à la société de construction provenaient des comptes de l’asbl fondée par la mère du prévenu, association active dans le domaine… des cours d’aquabike. En s’intéressant de plus près aux comptes de celle-ci, la justice a remarqué que d’importantes sommes avaient été détournées entre 2016 et 2019.

Outre l’acompte, divers transferts et dépôts en espèce ont été constatés des comptes de l’asbl vers ceux des prévenus. Le parquet évoque également une somme de 47.125 euros considérée comme des frais de véhicules, alors que l’asbl n’en possédait aucun. Des vacances, des vêtements ou des soins pour les enfants des prévenus sont également mentionnés. Des dépenses qui ne correspondaient évidemment en rien avec l’objet social de l’asbl.

Interrogés, les membres du couple affirmaient avoir réalisé cette confusion de patrimoine par pure ignorance et maladresse mais avoir agi dans l’intérêt de l’asbl. Le prévenu confiait: "On commence seulement comprendre ce qui nous arrive. Nous sommes des protestants évangélistes et avons une vision altruiste, nous avons mal fait par ignorance, nous étions très actifs et engagés dans la cause, qui consistait à promouvoir le bien-être par des activités sportives. Aujourd’hui, nous avons plus ou moins compris le problème, il s’agirait de confusions de patrimoine. Pour nous, c’était logique de payer nos frais liés à la construction de notre salle de sport et de notre piscine sur le site de notre habitation. Nous avons agi avec le coeur et non dans une intention frauduleuse."

Le parquet de Namur estimait pour sa part que l’asbl était fausse et que les prévenus ont vécu sur le compte de celle-ci alors qu’ils percevaient par ailleurs des indemnités du chômage ou de la mutuelle. Ce que compte dénoncer le parquet au fisc.

Le prévenu écope d’une peine de 10 mois de prison et d’une amende de 800 euros. Elle est assortie d’un sursis de 5 ans et de la confiscation de 20.000 euros. Sa compagne bénéficie d’un sursis de 5 ans pour une condamnation à 6 mois de prison et à 800 euros d’amende, 20.000 euros lui seront confisqués. La mère du prévenu obtient un sursis de 5 ans concernant une peine de 10 mois de prison et 800 euros d’amende, 10.000 euros lui seront confisqués.