Né en 1998, Philippe (prénom d’emprunt), est accro à la cocaïne depuis l’âge de 18 ans. Une addiction qui a précipité sa chute et l’a amené à côtoyer des gens peu fréquentables. « J’ai été menacé, j’ai eu peur pour ma famille et commettre ces braquages est le seul moyen que j’ai trouvé pour m’en sortir », confiait-il à la présidente Matagne lors de l'audience, le 25 novembre dernier.

Celui qui prétend aujourd’hui ne plus consommer de drogue devait répondre de deux faits, deux vols avec violence perpétrés dans des commerces du centre de Namur.. Le 10 février, il a pénétré dans un magasin d’alimentation rue Bas de la Place sur le coup de 19h. Il s’est immédiatement glissé derrière le comptoir et a demandé à la caissière le contenu de la caisse, avec lequel il est parti. Celle-ci a affirmé avoir senti un objet sur sa gorge. Après analyse des vidéos de surveillance, il s’avère qu’il s’agissait d’un couteau.

La scène qui s’est déroulée le 20 février, dans un magasin de même type, rue Rogier, était encore plus violente. Armé d’un couteau de cuisine de 30 centimètres, le prévenu a placé celui-ci sous la gorge de l’employée, et est reparti avec 800 euros. Dans le cadre de cette affaire, la victime réclame un dommage de 5000 euros et son patron de 3750 euros.

Pour le ministère public, le substitut Gaublomme réclamait une peine ferme de 5 ans de prison. « La vidéo des faits qui se sont déroulés le 20 février est effrayante. Pour le même prix, on aurait pu se retrouver en cour d’assises : l’auteur a littéralement jeté le couteau sur le cou de sa victime. Si elle n’avait pas eu un geste de recul, elle aurait eu la gorge tranchée. C’est un miracle qu’elle soit toujours vivante. »

Le conseil de Philippe plaidait une peine de probation autonome pour son client. « Il a été jeté dehors par ses parents et a fait de mauvaises rencontres. S’il avait d’abord nié les faits, il est revenu vers moi en me disant qu’il ne dormait plus suite à ces faits, qu’il en faisait des cauchemars et il est désormais en aveux, il veut retrouver une vie normale et prendre des cours de cuisine. Il a repris contact avec ses parents. »

Le jugement est intervenu ce jeudi. Le prévenu est condamné à une peine de prison de 4 ans assortie d'un sursis probatoire de 3 ans pour les deux tiers de la peine.