Le tribunal correctionnel de Namur a prononcé vendredi des peines de prison de 18 mois et de 5 mois avec sursis de 3 ans et des amendes de 200 euros à l'encontre d'un prévenu accusé de 56 préventions dont des abus de biens sociaux, des faux et leurs usages ou encore du blanchiment d'argent et de son père. 200.000 euros seront confisqués aux deux hommes, qui devront aussi verser à titre provisionnel une somme de 600.000 euros à la curatelle de leur société, qui était constituée partie civile.

Leur société familiale active dans le domaine du bâtiment dans la région de Ciney a été fondée en 2014 par le père, maçon de formation. Elle a rapidement pris de l'ampleur, em ployant 27 équivalents temps plein en 2015 et brassant beaucoup d'argent. Selon le parquet et le curateur, le fils du fondateur de la société, gérant de fait et principal prévenu dans le dossier, aurait vidé l'entreprise de sa substance, entraînant la faillite de celle-ci, en mars 2017.

Lors de l’audience du 23 avril, le substitut Debelle mettait en avant les mécanismes ayant mené à une telle débâcle. Des retraits en cash pour 234.260 euros étaient évoqués, tout comme des achats de luxe ou des voyages sans rapport avec l'objet social de la société. "338.000 euros ont transité par une société écran basée au luxembourg en l'espace de 21 mois, soit 16.000 euros par mois au profit du prévenu." Des abus de confiance sont aussi relevés, tout comme une prévention de crédit artificiel et d'aveu tardif de faillite afin d'échapper à la responsabilité civile des fondateurs.