Conseil communal de Rochefort : "Digne d’un Trump ou d’un Poutine"

Le conseil communal s’est terminé sur des propos très durs de la minorité. Le sujet : l’éviction de la bourgmestre faisant fonction.

MICHEL MOTTE
MOT- conseil communal
©CCPRE

Davantage de public que d’habitude, au conseil communal de Rochefort, présidé par Julien Defaux. Celui qui a remplacé comme bourgmestre faisant fonction Corine Mullens, "démissionnée". Autour de la table, on notait la présence du bourgmestre en titre, mais empêché, le ministre fédéral Pierre-Yves Dermagne (PS). Mme Mullens (MR) était aussi là. Elle est désormais échevine, ou plutôt elle l’est redevenue. La pestiférée de la majorité absolue qui allie socialistes et libéraux a vidé son cœur en fin de séance, à la suite d’une intervention, en urgence, de la conseillère Écolo Françoise Lebeau.

L'intervenante de la minorité a manifesté son étonnement sur ladéfenestrationde Mme Mullens, comme devait aussi le dire plus tard le groupe UCPR (opposition également). La conseillère Lebeau souhaitait des explications : "S'il y a eu des erreurs, je pourrais comprendre, sinon quelles sont les raisons ? Ceci n'est pas une belle image de la politique". Réponse du nouveau bourgmestre : "Tout a été dit dans le communiqué de presse".

"Je ne l'ai pas vu, a répliqué l'intervenante, je pourrais en avoir un exemplaire ?"

"Je n'en ai pas ici", dixit Julien Defaux. "On vous en donnera un, au prochain conseil".

"La majorité absolue conduit à la dictature"

Le groupe UCPR, par la voix de Thierry Lavis, n'y est pas allé par quatre chemins, il a même été très dur. S'adressant à Mme Mullens, le conseiller lui a dit que les deux raisons invoquées de son départ, à savoir "pour raisons personnelles" et "j'ai pris acte de la décision de Pierre-Yves Dermagne" se contredisent. S'adressant ensuite au MR, le conseiller Lavis a estimé que les arguments pour dégommer Corine Mullens, "sont dans les faits ceux qui doivent être reprochés à chacune et chacun d'entre vous". Et d'interpeller l'ancienne bourgmestre faisant fonction : "La logique serait que vous démissionniez, mais voilà c'est plus facile de s'acharner sur vous, coupable d'avoir fait plus de voix que le maître du MR de Rochefort. Voici une fois de plus un déni de démocratie. Jamais nous n'avons eu connaissance d'un blâme préalable, oui l'opposition, malheureusement minoritaire, vous a tous blâmés en conseil communal à plusieurs reprises. Oui vos décisions sont censées être collégiales".

En montant dans les tours, Thierry Lavis a poursuivi, à la grande colère de Pierre-Yves Dermagne : "Le procédé suivi est digne d'un empereur romain, d'un Trump ou d'un Poutine : ceci se passe à Rochefort. La question est posée ; en avons-nous deux, la trumpisation au carré ? Alliance diabolique. Les citoyens peuvent à présent comprendre qu'une majorité absolue conduit à la dictature".

"Il y a des comparaisons que je n'accepte pas", s'est fâché Pierre-Yves Dermagne.

Quant à la principale intéressée, Corine Mullens, elle a renvoyé à… Facebook pour en savoir davantage sur ce qu'elle pense de tout cela. Commentaire tout de même : "J'ai toujours rempli ma mission avec professionnalisme. Je souhaite qu'on ne discute pas ici. S'il y a une faute qu'on me le dise et je m'expliquerai".

Quelques applaudissements dans le public, et on est passé au huis clos.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be