Décès d’une Hastièroise : non-assistance à personne en danger ?

Une dame aurait tardé à appeler les secours, en octobre 2016, alors que celle qui l’hébergeait était mal en point.

S.M
Décès d’une Hastièroise : non-assistance à personne en danger ?

Des peines de 15 et 6 mois de prison ont été prononcées, par défaut en novembre 2021, à l’encontre de Jules et Sandrine (prénoms d’emprunt), par le tribunal correctionnel de Dinant. Le premier était poursuivi pour fraude informatique et abus de confiance. La seconde pour non-assistance à personne en danger. Ce jeudi matin, ils ont fait opposition à ces jugements.

Entre août et octobre 2016, Jules s'est servi sur le compte bancaire d'une habitante d'Hastière, chez qui sa compagne Sandrine et lui étaient hébergés. "J'effectuais des travaux chez elle. À cette période, je consommais de la cocaïne", indique-t-il pour expliquer son passage à l'acte. L'abus de confiance concerne quant à lui la vente d'une Ford Fusion qui appartenait à cette même victime. Cette prévention, le principal intéressé la conteste. S'il a bien vendu ce véhicule pour pièces, c'était avec l'autorisation de sa propriétaire. "Elle me l'avait confié pour aller au garage où on m'a dit qu'elle n'était pas réparable." Une peine de travail est plaidée.

Cette dame, chez qui vivaient les prévenus, est décédée dans la nuit du 20 au 21 octobre 2016 après avoir ingéré alcool et médicaments. L'affaire a même fait l'objet d'une instruction judiciaire. Si Jules était absent au moment du décès, Sandrine était bel et bien présente. Le parquet de Namur lui reproche d'avoir tardé à prévenir les secours alors que la victime était mal en point et demande la confirmation des 6 mois de prison initialement prononcés. "Madame a déclaré qu'à 23h00 pile, la victime se trouvait en position fœtale. Elle a senti son pouls mais elle était déjà bleue. Elle dit avoir appelé immédiatement l'ambulance mais on sait que l'appel aux secours qu'elle a donné a eu lieu trois heures plus tard", indique le ministère public. Plus tôt dans la journée, Sandrine avait déjà contacté son compagnon pour lui indiquer que la victime n'allait pas bien. "Puis elle m'a resonné pour me dire qu'elle allait mieux", dit le compagnon. "Par la suite, elle l'a encore appelé à 21h07, 21h13, 1h35, 1h45 et 1h59, avant d'appeler les secours", poursuit le ministère public. Ce qui s'est dit reste flou à 21h07 et 13 reste flou. "Mais ils n'ont sûrement pas parlé de la pluie et du beau temps", dit le ministère public qui affirme que le torchon brûlait entre ces deux dames depuis plusieurs jours. "En attestent des écrits dans lesquels la prévenue indique qu'elle ne ressentait plus aucune amitié pour elle. Le mobile d'avoir tardé à porter secours : elle pouvait rester dans le chalet en cas de décès."

La défense est revenue sur la chronologie des faits et estime que lorsque la prévenue a appelé son compagnon après avoir constaté que la victime était bleue, il était 1h45 et non à 23h. Autre élément mis en avant : l'Hastièroise était-elle encore en vie lorsque sa cliente l'a découverte ? "L'heure exacte du décès n'a pu être établie. (Ndlr : le légiste, intervenu à 2h28, a précisé que la victime était morte depuis "un certain temps). Il faut également déterminer si elle a vraiment tardé, en sachant qu'elle était dépressive, en tenant compte du contexte socio-économique et en tenant compte d'un état total de sidération." L'acquittement est demandé. Jugement le 27 octobre.

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