"Tout ça pour des frites": le gérant d’un snack de Beauraing victime d’un coup de boule pour une erreur de commande

Les clients mécontents étaient venus sur place pour réclamer un remboursement ou un geste commercial.

S. M.
Paquet de frites
L'agression subie et la conjoncture actuelle ont contraint le gérant du snack a faire aveux de faillite. ©Copyright (c) 2012 p.studio66/Shutterstock. No use without permission.

Le gérant d’un snack de Beauraing a été physiquement agressé par un client après seulement deux jours d’ouverture, le 12 septembre 2021. Ce dernier, poursuivi devant le tribunal correctionnel de Dinant, est poursuivi pour coups et blessures. S’il reconnaît avoir mis un coup de tête, il plaide la légitime défense. Le parquet de Namur, lui, requiert huit mois de prison.

Tout part d’une simple erreur de commande. “Nous avions commandé pour une centaine d’euros”, précise le prévenu. “Après 1h30 d’attente, nous avons été livrés. Mais il manquait de nombreux produits et la nourriture était froide”. Accompagné de deux membres de sa famille, l’homme décide de se rendre sur place pour réclamer un remboursement ou un geste commercial. Mais, vu l’heure (23h30), il trouve porte close. “On a frappé au volet. L’alarme s’est déclenchée. Pour ne pas partir comme des malfrats, on a attendu sur place. ”

Le gérant, qui ne réside pas là, est prévenu d’une intrusion dans son établissement. Il se rend sur les lieux et constate la présence des trois individus. Après un premier contact, il décide de se réfugier dans sa voiture et d’appeler la police.

Ensuite, les versions divergent. Sorti de son véhicule à l’arrivée de son épouse enceinte de cinq mois, le gérant reçoit un coup de tête, apparemment sans raison.

Du côté du prévenu et de la défense, on précise que le gérant a dans un premier temps déchiré le ticket de caisse puis que “quatre gars baraqués”, faisant partie de la famille du restaurateur, sont arrivés. Face à la menace, il n’aurait eu d’autre choix que de porter ce coup de tête au gérant du snack qui s’avançait vers lui. L’acquittement est plaidé sur base de la légitime défense.

“Tout ça pour des frites”

Ce coup de boule a eu d’importantes conséquences pour la victime. “Il a subi une fracture du nez et a été en incapacité de travail durant 15 jours. Par la suite, il s’est rendu compte que ce coup de tête lui avait déplacé deux vertèbres et a encore subi un mois et demi d’incapacité de travail. Les épouses de ces trois personnes ont par ailleurs terni la réputation du snack sur les réseaux sociaux. Les clients l’ont déserté et mon client a finalement fait aveux de faillite. Tout ça pour des frites”, précise la partie civile en guise de conclusion. Jugement le 10 janvier.

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