Les faits se sont produits dans un rond-point à Yvoir. A la base : une infraction de roulage commise par les deux roues.

Le 13 février 2016, une altercation s'est produite entre un automobiliste et un cycliste à Yvoir. Le premier est partie civile, le second prévenu. Mais ce dernier dit s'être défendu à la suite de coups reçus.

Ce jour-là, le cycliste faisait partie d'un groupe avec qui il venait de faire une sortie d'une centaine de kilomètres. « Il y avait un capitaine de route, une voiture suiveuse et une assistance. On roulait en peloton. Arrivé à un rond-point, on s'est fait couper la route par une camionnette. Ce véhicule s'est retrouvé au milieu du peloton et freinait, ce qui a engendré des écarts mais pas de chute. Je me suis mis à sa hauteur et il s'est finalement mis sur le côté », explique le cycliste devant le tribunal de Dinant. Ce dernier dit avoir immédiatement été victime de coups. « J'étais avec mon vélo au niveau de l'ouverture de la portière. Il m'a porté un coup au visage avec un rétroviseur. J'ai réussi à le désarmer et à le repousser, puis il m'a porté un coup avec une clé à douille pliée en L. Heureusement j'avais mon casque. Je l'ai maîtrisé et j'ai demandé de l'aide. »

La version du cycliste est évidemment contredite par le conducteur de la camionnette. « J'étais dans le rond-point lorsque ces cyclistes sont arrivés à vive allure. J'ai dû freiner pour ne pas en percuter un et c'est comme ça que je me suis retrouvé dans le peloton. J'ai très vite été entouré de cyclistes, dont le prévenu, qui frappait sur mon carreau. j'ai été poussé à m'arrêter. Ce monsieur est entré dans mon véhicule, m'a arraché mes lunettes et m'a coincé. J'ai pris ce que je trouvais, c'est-à-dire le rétroviseur puis une barre de cric avec lesquels j'ai essayé de me défendre. »

La scène a été filmée par une caméra qui se trouvait sur le guidon d'un vélo. Visualisée à l'audience du tribunal, celle-ci a permis au président de se faire une première opinion. Notamment sur l'attitude des cyclistes. « Vous avez réalisé une sérieuse infraction de roulage », a-t-il fait remarquer au cycliste. « La voiture est déjà engagée dans le rond-point. Il y a un céder le passage, c'est à ceux qui n'y sont pas encore de s'arrêter et tant pis si d'autres cyclistes étaient passés avant. Et puis, vous avez au moins fait des gestes de mécontentement au carreau." Réaction du cycliste : "Je voulais lui faire comprendre qu'un vélo ne s'arrête pas comme ça en trois secondes." Une réplique qui a interpellé le président. "Alors, un chauffeur poids lourd dira la même chose quand un enfant traversera un passage pour piétons ?  Ce monsieur était tout à fait en droit. Vous auriez dû anticiper la présence éventuelle d'une voiture. S'il vous avait percuté, je ne suis pas certain que vous auriez eu gain de cause. » 

Sur cette vidéo, on y verrait aussi le cycliste « plonger » directement dans la voiture... « Parce que j'ai tout de suite reçu des coups », dira-t-il. Plusieurs témoins seront entendus prochainement dans ce dossier. Cela permettra de dire lequel des deux se trouvait en état de légitime défense.