Dinant - Ciney En plus des bovins maltraités, le prévenu est concerné par un dossier relatif à des chevaux.

Yannick D., un habitant de Court-Saint-Étienne n’était pas présent pour se défendre ce lundi de diverses infractions à la loi sur le bien-être animal.

Depuis septembre 2017, l’homme louait des terrains à Conneux sur lesquels il avait installé une douzaine de vaches de Camargue. Manquant d’abri, de soins, de nourriture, plusieurs de celles-ci sont décédées, alors que les autres ont été saisies dans un état lamentable. Le terrain étant mal clôturé, elles divaguaient, notamment sur la E411, et allaient se nourrir dans les cultures voisines. Constituée partie civile, la Région wallonne voudrait qu’on lui interdise définitivement de pouvoir détenir des animaux et réclame un euro à titre provisionnel afin de couvrir les soins (vétérinaire, hébergement) qui ont été prodigués aux animaux une fois la saisie effectuée.

"Le prévenu ne vivait pas à proximité, les bêtes n’étaient pas soignées", explique Me Renoy. "Il y en avait 12 au départ mais elles se sont reproduites, on en a dénombré 19 à un moment. Les animaux étaient terriblement maigres, les clôtures étaient au sol. Des veaux sont morts car ils sont nés par moins dix degrés. Au moins deux autres bovins sont décédés."

Le substitut Herbay réclame 2 000 € d’amende assortis des décimes additionnels, la somme sera donc potentiellement multipliée par 8. Le jugement interviendra le 3 juin.

Dans la région de Conneux, le nom de Yannick D. est loin d’être inconnu. L’homme ne s’y est pas fait que des amis. "Il a commencé à louer la prairie en septembre 2017", nous confie une villageoise. "Il a d’abord eu les vaches, des chevaux sont arrivés 15 jours après. Il n’était jamais là. On le dit par ailleurs insolvable. Ses vaches ont commencé à se balader partout, à se mélanger à d’autres troupeaux, ce qui est interdit par l’Afsca. Il ne faisait rien. La police venait tous les jours. Ses bêtes mangeaient et piétinaient les cultures des exploitations voisines car elles mouraient de faim. 6 ou 7 vachettes sont décédées et il les laissait là dans une puanteur horrible. Un jour, il a allumé un feu et a mis toutes les carcasses dessus."

Yannick D. était aussi le propriétaire des 16 chevaux maltraités et privés de soins qui ont été saisis le 10 janvier dernier par neuf refuges animaliers, à l’initiative d’Animaux en Péril et de la police de Ciney. Les animaux déambulaient à l'état sauvage depuis plusieurs mois.«Il en allait de la sécurité publique, du bien-être animal et du respect du voisinage», expliquait à l'époque le bourgmestre Frédéric Deville.Plusieurs animaux étaient blessés, l’un d’entre eux était décédé récemment. Leur propriétaire devra également s’en expliquer dans les prochains mois.

JVE