Il mettait des billets qu'il n'avait pas en vente sur 2ememain.

Certaines personnes n'ont aucun scrupule lorsqu'il s'agit d'engranger facilement de l'argent. On en a encore eu la preuve ce jeudi matin au tribunal correctionnel de Dinant. Michaël, 28 ans, originaire de la région dinantaise, comparaissait détenu pour une série de préventions. Dont des escroqueries particulièrement désagréables. Ces dernières années, il s'est spécialisé dans des arnaques aux faux billets d'entrée pour le parc d'attractions Disneyland Paris. Il les mettait en vente sur le site 2ememain, encaissait l'argent mais ne donnait jamais les billets puisqu'il n'en avait pas. Plusieurs familles ont ainsi été piégées. Huit faits différents ont été constatés entre janvier et septembre 2018 tandis que ce mode opératoire a aussi été utilisé avec un salon. "Certaines familles ont économisé durant un an pour s'offrir ces billets pour au final être escroquées. Elles ont en plus dû expliquer à leurs enfants qu'il n'y aurait pas de vacances à Disney. C'est très désagréable", s'est insurgé le parquet de Namur.

Devant le président, Michaël a fait profil bas et a reconnu les faits. "Je reconnais avoir escroqué des gens sur internet. L'argent n'était pas destiné à manger ou à boire, mais bien à financer ma consommation de cocaïne. Depuis 2010 et le décès de mon père, je ne fais que des conneries. Mais je veux revenir dans le droit chemin", a expliqué le jeune homme, papa d'une petite fille de 18 mois dont il a la garde. « Monsieur s'exprime très bien mais c'est souvent le propre des escrocs », a néanmoins prévenu le parquet de Namur.

Bien qu'il ait émis des regrets, Michaël n'en était pas à sa première fois. Le 7 février 2019, il a été condamné à vingt mois de prison par le tribunal de Neufchâteau pour des faits similaires commis entre 2015 et 2017. Estimant qu'il y a unité d'intention délictueuse, son avocate a demandé l’absorption de peine estimant que les vingt mois de prison déjà prononcés précédemment étaient suffisants. Le parquet de Namur a quant à lui estimé qu'une peine complémentaire de 20 mois de prison était opportune. Car en plus de ces escroqueries, le prévenu était aussi poursuivi pour une rébellion et deux faits de coups, dont un sur agents de police, à Dinant. Jugement le 3 mars.