La cour d'assises de Namur a poursuivi lundi le procès de Linda Weber, accusée d’avoir tué son mari Richard Piron de 7 balles le 1er mai 2019 dans leur domicile de la rue Taravisée à Sorinnes (Dinant). La présidente Annick Jackers a interrogé l’accusée.

Linda Weber explique avoir rencontré Richard Piron alors qu’elle avait 14 ans et lui 21. « Il est le seul homme de ma vie et le sera toujours. » Dès le début de leur relation, Richard Piron passait beaucoup de temps à boire ses amis ou à pratiquer les jeux d’argent, tout en flirtant avec d’autres filles. Piron se montrait agressif et insultant dès qu’il avait bu de la bière ou du whisky. « Il savait comment me faire du mal verbalement, en me disant que j’étais une bonne à rien, que je ne savais rien faire. Quand il avait bu et me faisait des reproches, je me taisais pour ne pas que cela soit pire. J’avais peur de lui.»

Linda Weber explique que quand il avait bu, Richard Piron pouvait entrer dans des colères dantesques. « Il cassait le mobilier. Il lui est déjà arrivé de me menacer avec une bûche ou un couteau, je partais alors avec les enfants de peur qu’ils reçoivent un objet. » Linda Weber évoque aussi les visites de son mari chez les prostituées. « Quand l’homme que vous aimez vous dit cela, vous descendez très bas. Quand il avait bu, c’était un homme à femmes. »

Linda Weber s’est mise à boire, comme son mari. « Il me lançait des insultes et je répondais., les disputes étaient violentes et il me frappait. J’ai commencé à appeler la police, mais je n’ai jamais maintenu mes déclarations. Il m’a détruite, a l’heure actuelle, je me sens comme une merde, tellement il m’a répété que j’étais une bonne à rien. »

Le jour des faits, Linda Weber affirme avoir passé une bonne journée avec ses deux fils. Après une dispute, Piron l’a poussée. « Je pleurais et je ne parvenais plus à me ravoir. Je suis alors allé chercher une arme que nous détenions mais que je cachais car j’avais peur qu’il s’en serve contre moi. J’ai tiré une fois ou deux dans son dos, puis il s’est retourné et j’ai continué. J’étais en colère et j’ai rechargé l’arme et encore tiré une fois. Je lui ai fait un bisou et je l’ai caressé, car je l’aime. Aujourd’hui, je regrette. Cela devait être lui ou moi mais tout le monde s’attendait à ce qu’un drame survienne. »